Violents incidents lors de la grande manifestation anti-Ben Ali
Feu devant une affiche du président Ben Ali, lors d'une manifestation à Tunis, 14/1/11 © AFP
A Tunis, de quelques dizaines au départ, les protestataires étaient en début d'après-midi plusieurs milliers, voire dizaines de milliers. Dans un premier temps, le défilé n'a pas été inquiété par la police conformément aux nouvelles directives. Mais les forces de l'ordre sont finalement intervenues en milieu d'après-midi lors d'une tentative de jonction d'un groupe important de manifestants avec l'essentiel des protestataires qui étaient massés devant le siège du ministère de l'Intérieur. L'armée s'est également positionnée dans le secteur.
En quelques minutes, la rue s'est vidée de la foule et quelques manifestants ont lancé des pierres et des chaises et des parasols des terrasses de cafés en direction des policiers. L'atmosphère dans l'avenue Habib Bourguiba (ndlr : l'équivalent des Champs-Elysées) était irrespirable à cause des nombreux tirs de gaz lacrymogènes alors que des renforts de police arrivaient sur les lieux.
Union nationale ?
Sur le plan politique, au lendemain du discours en forme de promesse du président tunisien Ben Ali, le ministre tunisien des Affaires étrangères, Kamel Morjane, a estimé vendredi sur Europe 1 que la formation dans son pays d'un gouvernement d'union nationale était "tout à fait faisable" et "même normale". Interrogé par téléphone depuis Paris sur la possibilité d'un gouvernement d'union nationale en Tunisie, le ministre a répondu: "Avec le comportement de gens comme M. Néjib Chebbi, je crois que c'est faisable, c'est même tout à fait normal", a-t-il déclaré. Mohammed Néjib Chebbi est le chef historique du Parti démocratique progressiste (PDP), formation légale d'opposition mais non représentée au Parlement. "Le président est un homme de parole", a-t-il assuré.
Le discours a été plutôt bien accueilli par les différentes composantes de l'opposition, harcelée par le régime. Les rares journaux, proches du pouvoir, présents dans les kiosques de la capitale se sont félicités du discours, le quotidien Le Temps titrant en manchette "Après le sang et la désolation, la liesse et de nouveau l'espoir". Alchourouk titre de son côté: "On m'a trompé et je vous ai compris", reprenant les termes du discours du président tunisien" que le journal qualifie d'"historique". Paris a de son côté encouragé Ben Ali à "poursuivre dans cette voie" en faveur de "l'ouverture"