Renault épargné, pas Briatore

Publié le par actu

Flavio Briatore

(DPPI)

Auditionnée ce lundi par la FIA dans le cadre du plus grand scandale jamais révélé dans le sport automobile, l’écurie Renault n’a écopé que de deux ans de suspension avec sursis ! Flavio Briatore n’a pas connu la même clémence.


Seulement deux ans avec sursis

On craignait le pire, une suspension définitive, une amende considérable en millions de dollars qui aurait entraîné un retrait pur et simple de la discipline du constructeur français… Mais la FIA a pris le contre-pied de tout le monde. L’organe suprême du sport automobile a en effet décidé ce lundi de passer l’éponge, d’effacer la très lourde dette que Renault avait engendrée envers la crédibilité de la Formule 1, en ne condamnant le Losange qu’à deux ans de suspension avec sursis. En clair, Renault sort blanchi malgré les faits, très graves, reprochés : Infraction à l’article 151c du Code Sportif International, soit une conspiration entre l’équipe et un pilote, Nelson Piquet Jr, pour provoquer un accident volontaire lors du Grand Prix de Singapour 2008, avec pour objectif d’entrainer l’entrée en piste de la voiture de sécurité au profit de son autre pilote, Fernando Alonso.

Si Renault sort indemne de l’affaire, quoique l’image de la marque en pâtira forcément, Flavio Briatore n’a pas connu la même clémence. L’Italien, clairement dans le collimateur de la FIA depuis plusieurs mois, a pris pour tout le monde : radiation et suspension à vie de toute activité dans le domaine du sport automobile et interdiction formelle d’accéder aux lieux d’une quelconque manifestation organisée sous l’égide la FIA ! Il est vrai que le manager transalpin n’avait pas bénéficié, lui, de l’immunité de la FIA, contrairement à Nelson Piquet Jr, et n’avait pas coopéré, comme l’a fait Pat Symonds. L’autre acteur majeur du scandale, peut-être même le principal, est pour sa part condamné à (seulement) 5 ans de suspension «du fait de sa reconnaissance des faits et de sa contribution à l’enquête». «La F1 s’en sort bien», n’a pas hésité à commenter Max Mosley au sortir du Conseil. Renault F1, par la voix de son président Bernard Rey, jouait pour sa part profil bas : «Aujourd’hui, nous acceptons pleinement la décision du Conseil. Nous présentons toutes nos excuses, et ce sans réserve, auprès de la communauté de la F1 par rapport à ce comportement inacceptable. Nous espérons sincèrement être bientôt en mesure de mettre cette affaire derrière nous et nous concentrer sur le futur de manière constructive.»

Faute avouée, à moitié pardonnée
Pour éviter le pire, Renault avait soigneusement préparé sa défense. D’abord en mettant à la porte la semaine dernière Symonds et Briatore, en plaidant coupable, et surtout en coopérant au maximum avec la FIA, histoire de démontrer sa bonne volonté. Le Conseil Mondial a d’ailleurs retenu cela dans son argumentaire, et «remercie Renault pour l’avoir aidée à faire toute la vérité dans son enquête, et d’avoir présenté ses excuses pour le mal causé» ! De plus, Renault prend en charge la totalité des frais d’enquête et accordera une subvention (dont le montant n’a pas été précisé) au programme de sécurité de la FIA. Si le Conseil Mondial reconnaît que «Renault a compromis l'intégrité du sport mais aussi mis en danger la vie des spectateurs, des commissaires, des pilotes et de Nelson Piquet Jr lui-même», elle admet «qu’au regard de la décision de Renault de reconnaître les fautes commises au sein de son équipe et de condamner ces actions individuelles, Renault ne sera suspendre que jusqu'à la fin de la saison 2011, la mesure prenant effet si Renault se rend coupable d'une faute identique durant cette période.» Bref, on croirait presque entendre le célèbre «responsable mais coupable». Epargné, Renault repart donc au combat dès la fin de semaine, sur la piste, à… Singapour. Histoire de clore définitivement l’épisode.

Publié dans actualité sportive

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