Roland-Garros: Marion Bartoli, une féroce envie de gagner

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La Française Marion Bartoli, le 27 mai 2011, à Roland-Garros.

La Française Marion Bartoli, le 27 mai 2011, à Roland-Garros. C.ENA/AP/SIPA

TENNIS - La Française, demi-finaliste du tournoi, a toujours joué pour gagner. Sur tous les tableaux...

En dehors de ses matchs, inutile de chercher Marion Bartoli à Roland-Garros. La demi-finaliste du tournoi fuit la Porte d’Auteuil dès que possible. Le lieu de ses entraînements n’est d’ailleurs pas connu. Son père Walter préfère rester à l’abri. Depuis le début du tournoi, il décline les entretiens en dehors des débriefings de matchs et refuse la présence de caméras qui voudraient le suivre. Difficile d’en savoir beaucoup plus sur celle qui voudrait succéder à Mary Pierce (dernière gagnante française en 2000).
 
Pour creuser le sujet, il faut se tourner vers son frère aîné, Franck, qui squatte son box depuis dix jours. Ce salarié du ministère de la Défense s’accorde quelques semaines par an pour suivre sa sœur prodige. Agé de 37 ans, il l’a vue grandir. «J’ai compris qu’elle pouvait réussir dans le tennis quand elle a commencé à me battre. J’étais 15/1. Elle avait douze ans et dépassait à peine le filet…»
 
Trois ans pour réussir
 
Pour lui, la petite fille qu’il a connue à Retournac, en Haute-Loire, n’a pas changé. Marion a toujours joué pour gagner. «Au début pourtant, elle perdait souvent contre des filles plus âgées, plus grandes et plus costaudes, mais faisait tout derrière pour les battre la fois d’après.» Marion est une compétitrice née qui cherche à être la meilleure dans tout ce qu’elle entreprend. Au tennis, mais aussi à l’école -«vraiment une excellente élève»- ou aux jeux de sociétés. «Même sur une partie de Monopoly, par exemple, elle était là pour gagner. Elle a toujours eu ça en elle.»
 
Cela a donc donné quelques idées à son père. Franck Bartoli se souvient de ce jour de 1999. Walter réunit toute la famille pour annoncer qu’il plaque tout. Le médecin généraliste vend alors son cabinet pour suivre Marion à plein temps. A l’époque, Sophie, la maman, n’est pas forcément d’accord. «Elle a soulevé une interrogation, oui. Mais c’était une décision mûrement réfléchie, souligne Franck. Un énorme sacrifice de la part de mon père. Il s’était donné trois ans. Si ça ne marchait pas, il retrouvait une activité normale.»
 
Susceptible? C'est son côté corse
 
L’attelage familial a finalement passé le cap des noces de froment. Aujourd’hui, la joueuse est totalement redevable de son papa qu’elle salue immédiatement après ses victoires. Entre les tournois, elle rentre aussi dans la maison familiale, à Genève. «Elle ne fait pas comme certaines», souffle le frangin, fatigué d’entendre les critiques sur la relation fusionnelle entre son père et sa sœur. «Ils s’entendent parfaitement. Marion avance, avec cette méthode qui fonctionne. Il suffit de voir ses résultats.»
 
Malgré tout, la joueuse de 26 ans a son caractère. Elle est parfois susceptible et rancunière. «C'est son côté corse du sud», justifie le frère. De sa vie privée, elle ne dit pas grand-chose, si ce n’est qu’elle aime peindre et regarder des films d'action, et qu’elle supporte l’Olympique de Marseille. Un club avec lequel elle partage un rêve: aller droit au but.
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Publié dans actualité sportive

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