Règlements de compte à Marseille : «Hors de question» d'envoyer l'armée

Publié le par actu

Matignon a convoqué au 6 septembre un comité interministériel spécial pour élaborer «un programme d'action pour l'agglomération marseillaise».
Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, et le syndicat Alliance Police s'opposent à l'envoi de l'armée à Marseille, comme le réclame une élue PS, alors qu'une nouvelle personne a trouvé la mort mercredi soir dans un règlement de compte.
| (AFP/GERARD JULIEN )
 
 
«Il n'y a pas d'ennemi intérieur» à Marseille, assure Manuel Valls. «Il est hors de question que l'armée puisse répondre à ces drames et à ces crimes», a précisé jeudi le ministre de l'Intérieur en réponse à Samia Ghali. La sénatrice-maire socialiste des 15e et 16e arrondissements de Marseille avait appelé dès dimanche, dans Le Parisien, à recourir à l'armée dans les quartiers nord de la ville, frappés par une série de règlements de compte.

 

 



«Marseille n'est pas Kaboul !»

Au lendemain d'un nouveau règlement de compte mortel, les propos de la sénatrice ont trouvé un nouvel écho... et déclenché une salve de répliques. «Marseille, ce n'est pas Kaboul», s'est insurgé David-Olivier Reverdy, secrétaire régional du syndicat Alliance Police, dans La Provence. «L'intervention de l'armée n'est pas une solution», a t-il estimé sur BFM. «Chacun son métier ! Qu'on nous donne plutôt les moyens de lutter contre les trafics souterrains», s'est insurgé le syndicaliste policier, s'étonnant que l'on «veuille remplacer les policiers, auxquels on refuse la présomption de légitime défense, par des militaires à l'usage des armes beaucoup plus souple».

«Je comprends l'appel au secours des élus de cette ville» qui «a été d'une certaine manière laissée à l'abandon», répond le ministre de l'Intérieur, rappelant que la ville figure parmi les quinze premières zones de sécurité prioritaires (ZSP). Marseille est «une priorité qui mérite une réponse dans tous les aspects» parce que «cette ville, la deuxième ville de France, a besoin du soutien et de la protection de l'Etat», a poursuivi Manuel Valls.

Le gouvernement s'empare du dossier

«L'action conjointe de la police et de la justice (...) doit répondre précisément à cette montée d'une nouvelle délinquance, d'une violence d'individus qui se servent d'armes de guerre», estime le ministre. «Cette action nécessite aussi du temps, de la profondeur», a-t-il poursuivi. «Rien ne serait pire, comme cela a été fait trop souvent dans le passé, de répondre de manière instantanée et au fond de passer à côté de l'essentiel», a souligné Manuel Valls, réaffirmant que «l'armée n'a pas sa place dans ces quartiers».

Peu après Manuel Valls, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a réaffirmé la volonté du gouvernement de ne pas faire intervenir l'armée. «Le concours de l'armée n'est en aucun cas envisagé dans le maintien de l'ordre public à Marseille» assure le ministre.

Afin d'envisager «une réponse globale, en profondeur et particulièrement forte» à la criminalité, Matignon a convoqué au 6 septembre un comité interministériel spécial, pour élaborer «un programme d'action pour l'agglomération marseillaise».

LeParisien.fr

 

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