Procès du crash du Concorde: "J'aurais préféré mourir dans l'avion, avec les autres"
Ce procès est surtout l'occasion de déterminer les responsabilités dans un drame qui hante encore beaucoup de gens...
Le Concorde en train de s'écraser, le 26 juillet 2000, après son décollage de Roissy
MAXPPP/Andras Kisgergely
Ce mardi s'ouvre le procès du crash du Concorde, le 25 juillet 2000, à Gonesse, près de l'aéroport de Roissy. Un crash qui sonna le glas de l'exploitation de l'avion supersonique. Un crash qui coûta la vie à 113 personnes. Un crash d'un avion en feu, sans qu'on soit sûr de la cause de l'incendie.
Le but du procès
- Déterminer si le Concorde a roulé sur une lamelle (une pièce métallique de 43 cm, précise RTL) d'un avion de la compagnie Continental Airlines qui a crevé le pneu de l'appareil, occasionnant des dommages dans le train d'atterrissage, dont des éléments ont perforé le réservoir et causé l'incendie. C'est la thèse retenue par les experts, mais contestée par l'avocat de la compagnie et plusieurs témoins: "le Concorde était déjà en feu lorsqu'il passe sur la lamelle" estime Me Metzner dans Le Parisien-Aujourd'hui en France. La compagnie a tout intérêt à contester la thèse officielle, car il est certain que l'avion a roulé sur la lamelle... qui était une contrefaçon faite dans un matériau plus dur que celui imposé par la règlementation, fait remarquer RTL. Cela dit, le pneu du Concorde était son talon d'achille: on compte 57 incidents du même genre en 24 ans.
- Clarifier la raison pour laquelle Air France- la compagnie qui expoitait le Concorde- a échappé à tout procès. Protégée par les pouvoirs publics? C'est ce que prétendent les adeptes de la théorie du complot, précise France Info.
Sur le banc des prévenus
- la compagnie Continental Airlines
- le chaudronnier qui a posé la lamelle sur l'avion qui l'a perdu
- le responsable qui a validé son travail
- le concepteur du Concorde
- un représentant de la DGAC (direction générale de l'aviation civile)
Chez les parties civiles
- Aucune famille des victimes... car toutes indemnisées à hauteur de un million de dollars.
- mais les proches des victimes qui travaillaient à l'hôtel où l'avion s'est crashé. "Les victimes allemandes ont bénéficié d'indemnisations pas en rapport avec ce qui nous a été proposé" dénonce un des avocats de ces familles sur Europe 1.
Pour les survivants, une épreuve, même 10 ans après
Pour preuve le témoignage de Lucyna, qui travaillait dans l'hôtel sur lequel l'avion s'est écrasé. Elle raconte au Parisien-Aujourd'hui en France: "Au départ, je n'ai rien vu. Mais j'ai entendu le bruit alors que je me trouvais dans un local de l'hôtel. J'ai pu sortir et j'ai vu l'avion en flammes. J'ai été poussée par le souffle. J'ai ensuite couru vers la nationale 17. Une heure et demie plus tard, mon patron m'a montré l'endroit où je me trouvais, derrière l'hôtel. Tout était brûlé. C'est un miracle que j'en sois sortie à temps. Je souhaite être reconnue comme une victime. Je ne suis plus la même personne. Je suis tout le temps stressée, angoissée. J'ai peur de tout. Par moments, j'aurais préféré être dans l'avion, avec les autres. On se sent seul, isolé. Pas un mot d'Air France. Aucun geste, aucune lettre..."
Publicité