Niger : les ravisseurs des Français localisés près du Mali
Le commando qui a pris en otages deux Occidentaux, probablement de nationalité française, lors d'une opération menée au beau milieu de Niamey, la capitale du Niger, aurait été repéré se dirigeant vers la frontière malienne.
Dès l'annonce de l'enlèvement de deux Occidentaux, probablement de nationalité française, au cours de la nuit de vendredi à samedi, les recherches lancées par les forces de sécurité nigériennes se sont dirigées vers la frontière malienne. C'est au Mali, en effet, que seraient détenus les Français enlevés en octobre au Niger. Et tout porte à croire, malgré l'absence de revendication de ces derniers rapts, que les ravisseurs sont du même groupe. Et samedi à la mi-journée, le porte-parole du gouvernement nigérien a fait savoir que les ravisseurs en fuite depuis vendredi soir à Niamey avaient été localisés près du Mali. Les forces de sécurité nigériennes, a-t-il fait savoir, ont échangé des tirs avec eux. On ignore cependant encore le résultat de cette confrontation.
Quelques heures plus tôt à peine, le double enlèvement avait été commis devant de nombreux témoins. Il était 22h30 et les clients du Toulousain, un restaurant de Niamey, la capitale du Niger, ont évoqué la brutale irruption d'hommes enturbannés, armés "jusqu'aux dents" et communiquant entre eux en arabe. Un commando qui a aussitôt bloqué les accès de l'établissement avant de s'emparer de deux hommes, apparemment tous deux de nationalité française.
"Quand ils sont entrés, ils sont tombés sur les deux Français et ils ont crié : toi et toi, suivez-nous ! Dans la précipitation, un des assaillants a perdu son turban", a raconté un des clients. Les prisonniers ont alors été entraînés dans un véhicule garé à proximité. "Ils ont pointé une arme vers eux et les ont obligés à sortir. Ils les ont emmenés dans un 4x4 aux vitres teintées", a poursuivi le témoin. "Quand ils sont ressortis avec les deux Français, j'ai pris ma voiture, je les ai pourchassés sur environ un kilomètre, mais comme ils filaient à grande vitesse et tous phares éteints, je n'ai pas pu les rattraper", a-t-il assuré.
Un 4x4 qui rôdait dans le quartier
Selon une source policière, l'un des deux Français était "arrivé vendredi pour assister à un mariage". Des clients ont raconté par la suite avoir aperçu le véhicule des ravisseurs, quelques heures avant l'enlèvement, dans les alentours du restaurant, situé au coeur d'un quartier fréquenté par les expatriés. Depuis lors, la zone est quadrillée par les forces de l'ordre, mais sans résultat. Les recherches se dirigent aussi vers la frontière malienne, où les ravisseurs auraient pu se diriger.
Ce double rapt intervient alors que la France tente actuellement d'obtenir la libération de cinq de ses ressortissants enlevés le 16 septembre 2010, avec un Togolais et un Malgache, sur le site d'extraction d'uranium d'Arlit, dans le nord du Niger. Les otages, pour l'essentiel des collaborateurs des groupes français Areva et Satom, seraient détenus dans le nord-est du Mali. Le rapt a été revendiqué le 21 septembre par la mouvance Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Ce même groupe qui avait annoncé en juillet l'exécution d'un otage français, l'humanitaire Michel Germaneau, dont le corps n'a jamais été retrouvé.
Le 1er décembre, la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie avait déclaré que les otages français étaient toujours en vie, au vu des dernières informations dont la France disposait. Après un message d'Aqmi le 19 novembre demandant à Paris de négocier la libération des otages au Mali directement avec Oussama ben Laden et exigeant de la France qu'elle retire ses troupes d'Afghanistan, le président Nicolas Sarkozy avait répliqué que la France ne se laisserait "dicter sa politique par personne".