Les affaires avec la Chine reprennent
ECONOMIE - La France à nouveau dans le panier d'achat chinois...
Neuf mois après la normalisation de leurs relations en marge du G20, la France et la Chine sont de nouveau prêtes à faire affaire, comme en témoigne l'annonce cette semaine d'un juteux contrat pour Safran. Invité à Pékin les 21 et 22 décembre, François Fillon doit y rencontrer les numéros 1, 2 et 3 chinois, à savoir le président Hu, le Premier ministre Wen et le président de l'Assemblée nationale Wu Bangguo.
Après une année de brouille politique, le réchauffement semblait pourtant tarder à venir : en août, date au départ envisagée pour le déplacement de François Fillon, Pékin montrait peu d'empressement à l'accueillir.
Relation bilatérale
Les nombreux déplacements de hauts représentants français au cours des derniers mois auront sans doute fini par porter leurs fruits. Fin novembre, la France était de retour sur la «shopping list» chinoise, avec la venue à Paris d'une délégation de 140 entreprises chinoises, sous la houlette du ministre chinois du Commerce, Chen Deming, le même qui, les mois précédents, prenait soin de contourner Paris lors des missions d'achat.
Au final, quarante contrats avaient été signés. La visite hivernale du Premier ministre s'annonce aussi sous de bons auspices, comme en témoigne la déclaration cette semaine de Mme Jiang Yu, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, qui souhaite travailler avec la France au développement «sain et stable» de la relation bilatérale.
Une vingtaine de grands patrons, dont la liste n'a pas été dévoilée, seront du voyage et rencontreront leurs homologues chinois. Le clou des contrats est le choix de Safran, associé à General Electric au sein de CFM International, pour construire les moteurs Leap-X du C919, futur gros porteur chinois de plus de 170 places.
La banque en pointe
Un pactole à venir quand on sait que l'avion sera dans les airs en 2016 et devrait être produit à grande échelle (on parle de 150 exemplaires par an). Est aussi attendue la confirmation de la joint-venture (TNPC) entre EDF et le chinois CGNPC, chargée de la construction et de l'exploitation des deux EPR de Taishan (sud de la Chine).
Les autres opportunités de marché se situent dans le secteur de l'environnement et de la banque. Le Crédit agricole espère par exemple un partenariat avec la Banque de l'agriculture de Chine et LCF Rothschild un rapprochement commercial avec la Banque de Chine. Conséquence de la crise économique mais aussi, dans une moindre mesure, diplomatique, le commerce franco-chinois a baissé de 15,6% sur les trois premiers trimestres 2009. Le réchauffement des relations devrait permettre de redresser la barre