«Le JDD» change de dimension
La Une du numéro zéro de la nouvelle formule du «Journal du dimanche». Lagardere Active
Le journal à carrure variable, c’est fini. Car Le Journal du dimanche, ou JDD (jidédé) avait tendance à grandir ou se tasser selon les régions. «Il était en tabloïd à Nancy, en grand format Broadsheet à Lyon…» raconte Bruno Lesouëf, directeur général des publications Lagardère active. Et en berlinois partout ailleurs. Désormais, c’est taille unique, et passage au tabloïd (plus petit que le berlinois) à l’occasion de la nouvelle formule et d’une nouvelle maquette signée de l’ex directeur artistique du Guardian, Mark Porter.
Les montées en pagination deviennent possibles jusqu’à 64 pages, au lieu de 48 précédemment. Le sport est positionné vers la fin, la séquence Médias se détache de l’Economie pour se rapprocher de la séquence Télé. Surtout, le journal s’organise désormais en trois temps. D’abord les rubriques d’actualité, ensuite les textes amples («L’Enquête», «Le portrait» etc). La dernière partie intitulée «Dimanche» est dédiée à la Culture, à l’art de vivre… Un titre de séquence qui est aussi une façon de tourner la page de l’édition du samedi, abandonnée en janvier, faute de résultats suffisants.
«Le journal du dimanche, pas du week-end»
Le JDD, ce sera donc définitivement «Le journal du dimanche, pas du week-end» soulignait Olivier Jay, directeur de la rédaction. Pour le reste, la nouvelle est un ajustement plus qu’un changement. «La dernière étoile vivante de la galaxie Lazareff, à la fois populo et élitiste», selon les mots lyrico-cosmiques de Denis Olivennes, en charge du pôle d’information de Lagardere Active, ne souhaite pas se bouleverser éditorialement pour contrer la légère érosion de ses ventes [diffusion totale actuelle: 261.972 exemplaires/semaine, source OJD, contre 268.496 en 2009].
Les changements industriels, eux, sont sans doute moins visibles du lecteur, mais plus profonds. Ainsi, un accord industriel avec le groupe Amaury, son rival de fin de semaine avec Le Parisien Dimanche, permettra au JDD d’être distribué dans des points de vente plus nombreux, plusieurs centaines. « On est concurrents mais aussi confrères » lançait Bruno Lesouëf, directeur général des publications Lagardère active. Un point de distribution crucial pour ce journal vendu uniquement le jour de fermeture de nombreux kiosques «Et acheté essentiellement sur la moitié de la journée seulement» soulignait Lesouëf. Soutenue par une campagne publicitaire de 3 millions et demi d’euros bruts, la nouvelle formule se doublera également d’un rapprochement des rédactions print et Web, alors que Lagardère Active avance sur d’autres projets multimédias dans l’ensemble du groupe.