La Réunion : Marine Le Pen bousculée à son arrivée

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L'arrivée de la présidente du Front national Marine Le Pen mardi à la Réunion a été perturbée par une centaine de manifestants qui l'ont huée et contrainte à quitter l'aérogare au pas de charge.
L'arrivée de la présidente du Front national Marine Le Pen mardi à la Réunion a été perturbée par une centaine de manifestants qui l'ont huée et contrainte à quitter l'aérogare au pas de charge.
| AFP/RICHARD BOUHET
Un bouquet de fleurs à la main, elle garde le sourire. Pourtant, ce ne sont pas des messages de bienvenue mais le slogan «Le Pen dehors» qui l'a accueillie. L'arrivée de Marine Le Pen, ce mardi, à La Réunion, a été mouvementée. Huée par une centaine de manifestants, la candidate du FN à la présidentielle a quitté l'aérogare de Gillot au pas de charge, encadrée par des responsables locaux de son parti et par un imposant dispositif policier.

Le reste de ce déplacement express (mardi et mercredi) dans l'île, seul département d'outre mer que Marine Le Pen visitera, risque d'être très tendu. En témoigne le «comité d'accueil» qui l'attendait dans la matinée devant le temple tamoul de Saint-Louis, au sud de La Réunion. Des dizaines de slogans anti-FN avait été peints sur la route menant au temple et deux camions de terre avait été déversés.

«J'ai l'habitude»

Selon le reporter du «Parisien» - «Aujourd'hui en France» présent sur place, une soixantaine de manifestants du Parti communiste réunionnais, arrivés en chantant l'Internationale, scandaient «Le Pen dehors, nous sommes tous des immigrés». Une cinquantaine de gendarme leur barraient l'accès au site. Le maire de la commune, Claude Hoarau (PC), faisait partie des manifestants. «Marine Le Pen a le droit de venir ici dans le cadre sa campagne, mais elle n'est pas la bienvenue», a-t-il expliqué à notre journaliste, avant d'être pris à partie par un représentant du temple qui suggérait que les manifestants étaient des employés communaux.

La candidate du Front national ne s'est pas dite surprise par ce chahut. «J'ai l'habitude, ce sont les mêmes qu'on retrouve en métropole», a-t-elle déclarée. Confirmant que son parti présenterait bien un candidat dans chacune des sept circonscriptions de l'île pour les élections législatives, elle a par ailleurs estimé que, «partout les Français doivent pouvoir voter pour un parti patriote».

Des pancartes proclamant «rasis déor» (racistes dehors)

Mardi matin, une quarantaine de manifestants emmenés par Danyel Waro, figure emblématique de la musique réunionnaise et militant antiraciste, s'était installée dans l'aérogare à l'appel du Mouvement des jeunes socialistes, du Front de gauche et d'un collectif créé pour la venue de Marine Le Pen. Ils ont brandi des pancartes proclamant en français et en créole «rasis déor» (racistes dehors) ou «nous sommes contre le Pen de mort pour la France», chantant et dansant le maloya, musique remontant à l'esclavage.

A l'arrivée de l'avion de Marine Le Pen, en retard d'une heure, quelques militants du FN ont tenté de déployer des banderoles de bienvenue, vite masquées par les pancartes des opposants au FN, mais sans heurts entre les deux camps. Plus loin, après la bousculade de son arrivée, un homme a tenté de l'arroser avec une bouteille d'eau mais a vite été ceinturé par les policiers. «C'est une manif ridicule. Ils ne sont que dix et ce sont toujours les mêmes», a commenté le secrétaire général du FN-Réunion, Jean-Claude Otto-Bruck.
 
 
 
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Publié dans actualité politique

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