Japon: Peu de risques de voir des produits radioactifs débarquer en France
Des avions cargo et des containers à l'aéroport Narita de Tokyo, le 27 décembre 2010 SUPERSTOCK / SIPA
ECONOMIE - De multiples contrôles ont été mis en place dès leur départ de l’archipel...
Si l’importation des produits alimentaires japonais en France provoque une attention toute particulière depuis plusieurs jours, les produits manufacturés et autres pièces détachées ne sont pas en reste.
Si l’on en croit tous les contrôles mis en place par les autorités françaises, il y a peu de chances qu’un produit radioactif ne contamine notre territoire. «Le contrôle se passe en trois temps», explique à 20minutes.fr la direction générale des douanes. D’abord, les autorités japonaises contrôlent, au départ, tout fret à destination de l’étranger.
Ensuite, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) a émis des recommandations auprès des compagnies aériennes. Ces dernières «sont responsables de leur cargaison» et des contrôles à effectuer sur celle-ci avant même leur départ du Japon. «Les rayons ionisants de chaque palette sont examinés et elles sont tracées après conditionnement», précisent les douanes.
A l’arrivée, celles-ci vérifient que tous les contrôles ont bien été effectués. Un logiciel, l’ICS (Import control system), leur «permet d’identifier tous les flux venus du Japon et d’ajouter des contrôles éventuellement». Ce sont les douanes qui ont le dernier mot: «On dit si on libère ou pas».
En cas d’élément radioactif détecté, «ce sont l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) et l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) qui prennent le relais» et décident de son sort. A l’ASN, contactée par 20minutes.fr, on assure que l’issue de ces éventuels produits nocifs «est en cours de mise en place». «Rien d’anormal n’a été remarqué pour le moment», ajoute toutefois la direction générale des douanes qui précise que la vigilance est tout même «plus importante sur les produits alimentaires».
Toujours est-il que les denrées japonaises, alimentaires ou non, sont extrêmement limitées depuis la catastrophe du 11 mars. Le secteur automobile français, qui se fournit principalement au Japon pour ses composants électroniques, est particulièrement touché. Cependant, ce ne sont pas les conditions sanitaires qui sont en cause, mais la fermeture provisoire de certaines usines japonaises plus ou moins sinistrées par le séisme.
Chez PSA, joint par 20minutes.fr, «on fait un point quotidien sur les perturbations qui devraient durer encore une semaine». Celles-ci occasionnent actuellement des «arrêts de production» sur certains sites français qui privilégient tout de même des alternatives quand cela est possible afin de maintenir la production à flot.
Quoi qu’il en soit, «nous travaillons pour assurer la sécurité de nos employés», précise-t-on, conscient des risques de l’importation de pièces détachées qui pourraient être radioactives. A l’usine Toyota de Valenciennes-Onnaing, des contrôles préventifs ont été effectués cette semaine sur des éléments «apparemment suspects» arrivés ces derniers jours dans le Nord.