Corée du Nord : Kim Jong-Il est mort, son fils devient président

Publié le par actu

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Il est mort samedi d'une crise cardiaque, léguant à son fils Kim Jung-Un, désigné pour sa succession, un pays parmi les plus fermés au monde.
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Il est mort samedi d'une crise cardiaque, léguant à son fils Kim Jung-Un, désigné pour sa succession, un pays parmi les plus fermés au monde.
| AFP
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Il est mort samedi d'une crise cardiaque, léguant le pays à son plus jeune fils âgé de moins de 30 ans, Kim Jong-Un, annonce l'Agence centrale de presse coréenne (KCNA), canal privilégié de la propagande nord-coréenne. Né officiellement le 16 février 1942, Kim Jong-Il est décédé dimanche 18 décembre à 00h30 (heure française) d'un «infarctus du myocarde sévère et une crise cardiaque» dans son luxueux train blindé, au cours d'un déplacement en province, selon l'agence nord-coréenne.
Kim Jong-Il, dont la santé s'était rapidement dégradée après un accident cérébral en 2008, était âgé de 69 ans, selon sa biographie officielle.

Kim, dont la biographie officielle et apologique souligne justement le sacrifice permanent de sa vie pour son pays, «a succombé à un grand épuisement mental et physique», a souligné l'agence officielle. Celui que l'on surnommait le «Cher Leader» dirigeait d'une main de fer depuis la mort de son père, Kim Il-sung, en 1994, la République populaire démocratique de Corée (RPDC), unique dynastie communiste de l'Histoire où règnent culte exacerbé de la personnalité, censure, exécutions et internements arbitraires dans des camps considérés par les ONG comme des mouroirs de masse. Une présentatrice en pleurs a également annoncé sa mort à la télévision d'Etat, rappelant les scènes d'hystérie qui avaient accompagné la mort de Kim Il-Sung.



Son fils, Kim Jong -Un récupère un pays doté de l'arme nucléaire mais à l'économie moribonde. La Corée du Nord resté isolé au plan diplomatique. Promu ces dernières années aux plus hautes fonctions militaires et politiques, le futur leader nord-coréen est largement énigmatique. «A l'avant-garde de la révolution coréenne se trouve à présent Kim Jong-Un, grand successeur de la cause révolutionnaire du Juché et chef remarquable de notre parti, de notre armée et de notre peuple», a rapporté l'agence officielle nord-coréenne. Les médias officiels ont appelé les Nord-Coréens à le reconnaître comme leur nouveau leader. «Tous les membres du Parti (des travailleurs, ndlr), les militaires et le public devraient suivre fidèlement l'autorité du camarade Kim Jong-Un», a exhorté l'agence KCNA.

Les Etats-Unis suivent la situation «de près»

Les Etats-Unis ont immédiatement fait savoir qu'ils surveillaient la situation «de près» en soulignant que Washington souhaitait la «stabilité» dans la péninsule coréenne. «Le président (Barack Obama) a été mis au courant, et nous sommes en contact étroit avec nos alliés en Corée du Sud et au Japon», où les Etats-Unis possèdent des bases avec des milliers d'hommes stationnés, a affirmé un porte-parole de la Maison Blanche dans un court communiqué. «Nous restons engagés à la stabilité dans la péninsule coréenne, et à la liberté et la sécurité de nos alliés». La mort de Kim survient alors que Washington et Pyongyang avaient relancé leurs consultations directes ces derniers mois au sujet du nucléaire nord-coréen, avec parfois l'intercession de la Chine, l'un des derniers soutiens du régime. M. Obama s'est entretenu par téléphone avec son homologue sud-coréen Lee Myung-Bak de la coordination étroite de leurs deux pays sur les questions de sécurité

En Corée du Sud justement, l'armée a été placée en état d'alerte et le gouvernement a annoncé une réunion en urgence de son Conseil de sécurité national. Les deux Corées restent techniquement en état de conflit armé depuis l'armistice précaire signé à l'issue de la guerre de Corée (1950-53). Les Sud-Coréens oscillaient entre craintes et espoir lundi matin à Séoul. Le Japon, ancienne puissance coloniale en Corée (1910-1945), a annoncé une réunion d'urgence du gouvernement et présenté ses «condoléances» pour le «décès inattendu» de Kim. A Pékin, le drapeau de l'ambassade nord-coréenne a été descendu à mi-mât lundi matin, a constaté un photographe de l'AFP.

Première conséquence après la mort du dirigeant, la Bourse de Séoul a fini en baisse de 3,43% lundi. Les funérailles nationales de Kim Jong-Il ont été fixées au 28 décembre à Pyongyang. Les autorités ont décrété un deuil national du 17 au 29 décembre.



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