WikiLeaks: «Le terrorisme est à notre porte»

Publié le par actu

Un soldat nigérien dans l'enceinte du site Areva d'Arlit, au Niger, le 26 septembre 2010

Un soldat nigérien dans l'enceinte du site Areva d'Arlit, au Niger, le 26 septembre 2010 Issouf Sanogo AFP/Archives

AFRIQUE - Et Aqmi est la «première préoccupation pour la sécurité de la France», selon des câbles révélés par WikiLeaks...

«Le terrorisme est virtuellement à notre porte». C’est le constat dressé fin 2009 par Romain Serman, conseiller chargé de l’Afrique à l’Elysée lors d’une réunion avec des diplomates américains et un responsable américain, cité dans un mémo diplomatique américain obtenu par WikiLeaks et révélé lundi soir par Le Monde. Les derniers documents révélés montrent l’inquiétude de la France par rapport à la menace terroriste. Ce qui explique que la France réclame une meilleure «coordination dans le domaine de l’assistance militaire, du partage des renseignements et des projets de développement», explique début 2010 le général Ward, patron de l’Africom, le commandement militaire pour l’Afrique.

Car c’est bien ce continent, désormais, qui est le terrain de jeu des terroristes. «Nous avons le sentiment que nous sommes en train de perdre la bataille entre le développement de ces pays et les menaces sécuritaires grandissantes», explique Rémi Maréchaux, à l’époque conseiller des Affaires étrangères, désormais en poste à la DGSE.

«Chance»

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) est la «première préoccupation pour la sécurité de la France», note un militaire français cité dans un autre câble diplomatique, avant que les enlèvements se multiplient. La Mauritanie et le Niger sont particulièrement pointés du doigt pour la présence de terroristes. Pour des diplomates britanniques, le Sahel est considéré comme «la nouvelle frontière du terrorisme».

Un autre conseiller Afrique de l’Elysée, Rémy Maréchaux estimait en 2009 que «certaines installations françaises sont menacées d’attaques terroristes, en particulier dans le Nord» du Niger. La France «a eu de la chance jusqu’à présent», ajoute-t-il.  Un an après, le 16 septembre 2010, la «chance» a tourné avec l’enlèvement de neuf employés d’Areva dans une mine d’uranium.

«Un profil bas» contre les terroristes

Les Occidentaux sont d’accord sur la méthode à adopter pour lutter contre Aqmi: ne pas intervenir frontalement contre les terroristes. Le  général Ward explique par exemple qu’il faut «maintenir un profil bas pour ne pas créer l'impression d'une présence occidentale qui pourrait nourrir un appel au jihad dans la région». «Nous devrions rester hors de portée des radars», abonde de son côté l'amiral Edouard Guilaud, alors chef d'état-major particulier du président Sarkozy.

Pourtant, les perspectives d’avenir sont sombres. En février 2010, Stéphane Gompertz, directeur Afrique au Quai d’Orsay, constatait qu’«AQMI se développe jusqu'au nord du Burkina Faso, recrute au Sénégal» et «trouvera des faiblesses dans le nord du Nigeria»

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