Une rentrée sous pression pour François Hollande

Publié le par actu

Crise européenne, budget à boucler… Revenu de vacances hier soir, le président de la République doit déjà faire face à une série de dossiers très chauds dans un contexte économique dégradé.

               


| (LP/OLIVIER CORSAN.) - (LPi) M.P.

Après quinze jours de vacances dans le Var, François Hollande est rentré hier soir à Paris comme il en était parti : en train. « La rentrée, c’est maintenant », a-t-il déclaré, bronzé et sans cravate, sur le quai de la gare de Lyon (photo), en détournant lui-même son slogan de campagne.

 

Le président de la République sait qu’il va maintenant affronter une situation extraordinairement difficile. Crise de la zone euro, déficits publics, avalanche de plans sociaux… Il s’y est préparé et semble même impatient de se colleter avec la réalité : « Il y a du travail qui nous attend, les Français veulent que les problèmes soient réglés », a-t-il poursuivi avant de serrer quelques mains et de s’éclipser.
Pour le chef de l’Etat, l’été n’a pas été de tout repos. Il aura été marqué par la flambée de violence dans les quartiers nord d’Amiens (Somme), mais aussi par les attaques de la droite sur son « inertie » supposée dans la crise syrienne, encouragées par son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, qui est sorti à cette occasion de son silence.

Un JT d’ici quinze jours

Le président, qui doit déjeuner demain avec son Premier ministre, a inscrit deux grands rendez-vous à son agenda très chargé de rentrée. Le premier est européen. Il mêle les dossiers grec, espagnol et allemand (le jugement du tribunal de Karlsruhe attendu le 12 septembre pourrait bloquer l’Europe en déclarant inconstitutionnel le traité sur le mécanisme d’aide aux pays surendettés). Mais aussi français, avec un projet de loi présenté fin août pour ratifier le traité européen de discipline budgétaire. En principe une formalité… « Encore faudrait-il que la majorité au Parlement fasse preuve de cohérence puisque la règle d’or n’a pas été inscrite dans la Constitution », avertit-on à l’Elysée, où on affiche néanmoins un optimisme mesuré : « Si on parvient à régler ces dossiers, on lèvera les doutes sur la zone euro. »
François Hollande suivra aussi de très près l’élaboration du budget, capitale puisque la France s’est engagée à ramener son déficit de 4,5% à 3% en 2013. Il faut pour cela trouver une trentaine de milliards, ce qui sera très compliqué si la croissance, en berne, ne donne pas rapidement des signes de regain. Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a imposé une saignée de près de 18 Mds€ dans les dépenses. Il reste à trouver l’autre moitié dans les recettes cette fois, « sans affaiblir la demande » et en évitant de taxer les classes moyennes, dit-on à l’Elysée. Quinze jours d’arbitrage ne seront pas de trop !
Face à des Français inquiets, le chef de l’Etat a prévu de venir s’expliquer dans le cadre d’un journal télévisé à 20 heures d’ici une quinzaine de jours. Auparavant, Ayrault aura prononcé son discours de rentrée dimanche prochain en clôture de l’université d’été du PS à La Rochelle. L’exécutif, qui souhaite accélérer la mise en place de la Banque publique d’investissement (BPI) pour les PME et booster les emplois d’avenir et le logement (à travers le livret A) va aussi tenter d'« amplifier » la politique de la ville pour répondre à la situation dans les banlieues tout en tentant de limiter l’érosion du pouvoir d’achat en bloquant les prix du carburant. Après avoir bénéficié d’une phase de clémence, qui n’était pas un état de grâce, François Hollande sait qu’il entre maintenant dans le « dur ».

 

Le Parisien

 

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