Tournoi des VI Nations: Grand Chelem, petite victoire

Publié le par actu

La France a remporté une bataille, la guerre, le trophée, mais il y a comme un arrière goût amer...

Forget Coubertin et son "l'essentiel, c'est de participer". Ce soir, c'est gagner qu'il fallait. Pour entrer dans l'histoire. Pour qu'on n'embête plus Marc Lièvremont avec les Anglais, avec le nombre de victoires consécutives, pour qu'on lui lâche les baskets avec ses choix d'équipes à contretemps, avec des gros légers à l'avant et des légers gros à l'arrière.

Après avoir été costauds en terre écossaise, brillants face à l'Irlande, chanceux face aux Gallois, conquérants face aux Italiens, les Bleus n'ont été que réalistes face aux Anglais. Pas de jus, une certaine peur de gagner, un adversaire plus motivé: qu'à cela ne tienne, on va gagner notre match à l'anglaise, quitte à faire bailler d'ennui en première période et user les nerfs de nos supporters en seconde. 12-10, score presque famélique en rugby, quatre coups de pied d'un Morgan Parra taille patron et puis un rideau défensif en béton armé de la 10ème à la 80ème minute. Avant, les Bleus s'étaient faits transpercer comme des cadets sur une action d'école: on décale vers l'extérieur sur des passes sur un pas, et Foden atterrit en terre promise (après avoir aplati 5m avant la ligne, ce qui a échappé à M. l'arbitre...)

Heureusement que la furia anglaise n'a duré que 10 minutes. Pendant les 70 minutes qui ont suivi, on a eu droit à un jeu cadenassé (par les Français) et mal maîtrisé (par les Anglais). S'il n'y avait pas eu le trophée du Grand Chelem en jeu, on aurait crié à l'hérésie, au crime de lèse-french flair. Dans ce match bizarre, seule la victoire fut belle.

Et on a souffert pour le gagner ce match. Plusieurs fois, Poitrenaud joua les pompiers de service en aplatissant dans son embut. Combien de fois un attaquant anglais (Cueto surtout) mangea la feuille de match en tentant un exploit personnel là où le collectif était en position de force? Les Français n'ont cessé de subir, mais n'ont jamais craqué. Mention spéciale au public du Stade de France qui a été derrière son équipe du début à la fin, conscient de l'enjeu plus que du (manque de) jeu. Même télespectateur, on a senti sa tension monter au-delà du raisonnable.

 

La suite n'est que trop convenue. Dans le foot, on a laissé tombé les remises de trophées au milieu de terrain pour les réintroduire dans la tribune présidentielle, pour plus de chaleur, de belles images, et aussi au nom de l'idée que le champion communie avec les spectateurs de la tribune que derrière un morceau de carton posé au milieu du terrain. Ils n'ont pas encore reçu le message à la fédé de rugby, et donc on a eu droit aux carton-pâte règlementaire, au lancer de confetti à côté duquel le final d'une émission de Patrick Sébastien fait riche, et au (plus convivial) tour d'honneur, chenille et passage de la coupe de main en main de rigueur.

Une belle communion, un beau résultat pour une victoire toute moche dont aucun supporter français n'avait rêvé. N'empêche, on l'a ce Grand Chelem.

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