Tour de France: Schleck prend le pouvoir

Publié le par actu

Andy Schleck prend la tête du général devant Alberto Contador (Panoramic)

Sandy Casar a signé une troisième victoire française à Saint-Jean-de-Maurienne, lors de la 9e étape du Tour de France. Andy Schleck, qui s'empare du Maillot Jaune, et Alberto Contador ont frappé fort. Blessé, Cadel Evans a craqué.

Contador contrôle Schleck
On était à 9 km du sommet du col de la Madeleine, situé lui-même à 32 km de l’arrivée de cette 9e étape. Comme prévu, la Colombière, les Aravis et les Saisies n’avaient rien donné auparavant. On semblait se diriger vers un nouvel épisode de poker menteur lorsque la défaillance de Cadel Evans, le bras gauche momifié après sa chute de dimanche, déclencha tout. Ses rares équipiers venaient de lâcher, s’épuisant à courir derrière la diversion créée un temps par Vinokourov. Les Saxo Bank et Astana se relayaient devant à user les organismes et il n’y avait personne pour secourir l’Australien, en totale perdition. Peu de temps après, lorsque les seconds rôles eurent fini leur travail de sape, Schleck et Contador entrèrent alors en scène. Comme à Avoriaz, le Luxembourgeois accéléra mais cette fois-ci, l’Espagnol tenait sa roue. Facilement même.

Les écarts sont faits
Le tenant du titre contrôlait, jouait comme à la piste, se comportait comme si c’était lui le leader de la course, bien qu'il possède 41 secondes de retard au général. Parce qu’il sait très bien qu’il aura l’avantage lors du contre-la-montre final. On le vit ainsi discuter avec son rival pour le convaincre de devenir son complice. Lorsque Schleck comprit enfin qu’il n’arriverait pas à décrocher Contador, les deux hommes mettaient leurs intérêts dans le même panier et le duo collaborait ainsi jusqu’au sommet puis dans la descente. Le duel aura bien le temps d’avoir lieu dans les Pyrénées. Car derrière, hormis Samuel Sanchez limitant la casse à 51 secondes et nouveau 3e au général (à 2’45’’ de Schleck), la grande lessive a été faite (Menchov à 2'58'', Van den Broeck à 3'31'', Leipheimer à 3'59'', Gesink à 4'22'', Basso à 5'09'', Sastre et Wiggins complètement largués tandis qu'Armstrong a un peu relevé la tête : 18e de l'étape dans le groupe Basso). Il s’en fallait de peu même pour que les deux grands gagnants de la journée ne se disputent la victoire d’étape.

Casar, sous le signe du 3
A se regarder en chiens de faïence dans le final, Sandy Casar, Luis Leon Sanchez, Damiano Cunego et Anthony Charteau faillirent gâcher un travail de près de six heures. La Caisse d’Epargne avait admirablement joué le coup en plaçant trois hommes dans une échappée de 12 coureurs. Parmi eux, Jérôme Pineau défendait son Maillot à Pois jusqu'à une Madeleine trop grosse, qui transfère le paletot de meilleur grimpeur sur les épaules de Charteau. L’abattage de Jose Ivan Gutierrez et Christophe Moreau dans la Madeleine réduisait ainsi ce groupe à quatre unités, avec un favori désigné pour la victoire d’étape, Luis Leon Sanchez. Mais alors qu’ils étaient rattrapés sous la flamme rouge par le tandem Schleck-Contador, Sandy Casar se remémorait l’arrivée de Saint-Girons en 2009 quand, dans une arrivée similaire, le Francilien avait dû se contenter de la deuxième place derrière Sanchez. Si souvent placé, rarement récompensé, le coureur de la FDJ prenait les choses en main au bon moment, la ligne d’arrivée se situant derrière un virage. Il signe sa troisième victoire d’étape sur le Tour. La troisième victoire française également depuis le départ de Rotterdam. Des miettes à partager dans un Tour qui se résume désormais à un duel.

Classement de la 9e étape :
1. Casar (Fra, FDJ) 5h38'10''
2. L. Sanchez (Esp, Caisse d'Epargne) m.t.
3. Cunego (Ita, Lampre) m.t.
4. Moreau (Fra, Caisse d'Epargne) à 2''
5. Charteau (Fra, Bbox) m.t.

On ne sait pas vraiment si c’était ça le «plan» d’Andy Schleck. Au terme de la deuxième étape alpine, le Luxembourgeois se retrouve en tout cas, pour la première fois de sa carrière, avec le Maillot Jaune sur le dos. Il sait aussi qu’il n’a plus qu’un seul adversaire à surveiller. On avait craint que l’ogre pyrénéen, avec ses quatre étapes dans la dernière semaine, n’avale les joutes alpestres. Mais l’interminable col de la Madeleine s’est chargé à lui seul d’apporter une partie des réponses aux interrogations soulevées par la montée sur Avoriaz dimanche. Non, le courage de Cadel Evans ne lui a pas suffi pour s’accrocher au Maillot Jaune. Esseulé, l’Australien a vécu un véritable calvaire sur les pentes de la Madeleine. Diminué (fracture au coude !), en pleurs sur la ligne d’arrivée, il a lâché plus de 8 minutes. Oui, Andy Schleck, nouveau leader, a bien le potentiel pour gagner ce Tour de France. Mais il n’est pas le seul. Alberto Contador, en légère difficulté à Avoriaz, est rentré à son tour dans le jeu.

Publié dans actualité sportive

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