Scènes de violence à Deschaseaux

Publié le par actu

FOOTBALL. Marquée par l'expulsion en première mi-temps de deux joueurs corses, la rencontre de Ligue 2 entre le HAC et Ajaccio s'est achevée vendredi soir dans la confusion générale. Echaufourrée entre joueurs et staffs techniques des deux équipes, invasion du terrain par des supporters... Explications.

 

Après le lamentable discours des coups, il reviendra aux images de prendre la parole. Jeudi, en commission de discipline, Havrais et Ajacciens seront à nouveau face à face. Cette fois, pas de stadiers ni de policiers pour les séparer mais un simple écran de télévision.

Tout ce qu’il y a de plus pacifique, tout ce qu’il y a de plus honnête surtout. Le film de l’incident sera analysé dans ses moindres détails. A priori, personne ne passera entre les mailles du filet de la discipline.

Sur le DVD du match, les coupables sont gravés et seront bien évidemment démasqués. Retour sur le scénario d’une soirée qu’il sera malheureusement difficile d’oublier. Tout commence par cet attentat de Diaz, les deux pieds décollés du sol, sur Jamel Aït Ben Idir. Le milieu de terrain de l’ACA est aussitôt expulsé.

A peine l’arbitre a-t-il rangé son rouge, qu’il sort le jaune, sur une contestation de Kinkela, et se tourne vers N’Diaye, pour le sanctionner lui aussi d’un avertissement. Le deuxième de la soirée pour le défenseur corse, lui aussi renvoyé au vestiaire. On jouait alors la 41e minute. « Et à partir de cet instant, raconte Jean-Claude Lorette, patron de la sécurité à Deschaseaux, le banc de touche d’Ajaccio a explosé. » La cible : Aït Ben Idir, soupçonné par les Corses du Sud d’avoir simulé.

Les images prouvent que le milieu de terrain du HAC a peut-être échappé à une blessure qui l’aurait privé de jeu durant de longs mois. « Et lorsque l’arbitre a sifflé la mi-temps, il a tout de suite fallu aller protéger Jamel (Aït Ben Idir) explique Lorette. C’était déjà très chaud dans les couloirs. Ensuite, l’arbitre a totalement perdu pied. »
Entre protestations et provocations verbales des uns et des autres, M. Auroux pourra toutefois faire valoir quelques circonstances atténuantes. Il y a des soirs où un seul homme ne peut en maîtriser vingt-deux. Surtout lorsque celui-ci ne peut s’appuyer sur l’aide d’un quatrième arbitre qui n’a rien fait pour calmer les esprits.

« En début de deuxième mi-temps, l’entraîneur d’Ajaccio a envoyé trois de ses joueurs à l’échauffement, reprend le Monsieur sécurité de Deschaseaux. Et ils sont allés au pied du Kop. Quand j’ai vu que ça dégénérait – parce que selon des témoins, les remplaçants d’Ajaccio ont provoqué nos supporters – je suis allé voir le quatrième arbitre pour lui demander d’envoyer les remplaçants d’Ajaccio de l’autre côté. Il m’a dit que le règlement voulait que les remplaçants s’échauffent du côté de leur gardien. Il a fallu que j’insiste auprès des délégués pour changer les choses. »

Sabo, Déruda, Dohin et Pierazzi ont donc été dirigés vers la tribune Harfleur. Jusque-là, le climat de tension n’avait encore pas repoussé les frontières du supportable. C’est au coup de sifflet final, celui signalant aux acteurs qu’il était temps de mettre fin à ce match de série B, que tout le monde a dégoupillé.

Des mots entre l’Ajaccien Guerriero et le Havrais Bonnet, ce dernier se retrouve projeté à terre, une autre bousculade éclate un peu plus loin, puis une autre encore, jusqu’à ce qu’une misérable mêlée ne se forme, d’où pleuvent coups de pied et coups de poing. Et ce n’est pas tout. Au cœur du combat – « auquel N’Diaye et Diaz ont pris part alors qu’ils avaient été expulsés », souligne Lorette – une soixantaine de supporters havrais, descendus du Kop, fait son apparition sur la pelouse pour en découdre.

Aussitôt, une quinzaine de policiers de la compagnie d’intervention repousse les fidèles en tribune. Ces derniers s’exécutent. Dix minutes durant, il y a ainsi une confusion comme jamais Deschaseaux n’en avait connue. « On aurait pu avoir un bilan bien plus grave », avoue le commissaire principal Laurent Bouladoux. Le bilan est heureusement des plus légers.

Seule une stadière a dû prendre la direction de l’hôpital pour un doigt retourné. « J’avais ordonné aux stadiers de ne pas répondre aux coups », insiste Lorette. Les dirigeants corses, eux, affirment en interne qu’un des stadiers de Deschaseaux a asséné deux coups de poing un de leurs joueurs.

Là encore, les images détiennent la vérité. Néanmoins, aucun cadre Ajaccien n’a souhaité réagir aux incidents de vendredi soir. Seuls l’entraîneur, Olivier Pantaloni, dont il s’agit de saluer le calme olympien, et quelques-uns de ses joueurs ont bien voulu se confier à nos confrères de Corse Matin : « Mes joueurs ne sont pas des voyous », martèle le coach acéïste. « La rencontre a dégénéré parce que l’arbitre a fait n’importe quoi », ajoute Guerriero. « Ce qui s’est passé à la fin est regrettable, déplore Rivière. On va nous faire passer pour des voyous alors qu’on s’est tout simplement fait avoir par l’arbitrage.

Publié dans actualité sportive

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