Sarkozy prépare ses surprises de Noël

Publié le par actu

Le chef de l’Etat, dont la cote se tasse dans les sondages, entend profiter des vacances pour rebondir et préparer sa candidature à la présidentielle.

 

 

PARIS (VIIIe), MERCREDI. Nicolas Sarkozy et son épouse, Carla, à l’occasion du Noël de l’Elysée.
PARIS (VIIIe), MERCREDI. Nicolas Sarkozy et son épouse, Carla, à l’occasion du Noël de l’Elysée.
| (AFP/ÉRIC FEFERBERG.)
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Nicolas Sarkozy le sait : pendant les fêtes, beaucoup de Français parleront en famille de la présidentielle. Alors il a décidé… de ne pas partir en vacances. Si Carla prendra quelques jours de repos, lui restera à Paris. Le président a déjà demandé à ses équipes de lui concocter des déplacements du 25 au 31 décembre.

 

Le groupe des « hussards », ces élus UMP qu’il reçoit régulièrement pour préparer sa campagne, a été convoqué à l’Elysée le 29 décembre. Et dès la semaine prochaine, le chef de l’Etat planchera sur ses vœux télévisés du 31 décembre. L’Elysée promet une « surprise ».

Sans déclarer sa candidature, Sarkozy pourrait faire un pas, imitant François Mitterrand — dont il a ausculté la campagne — qui avait levé un coin du voile au soir du réveillon 1987. « Dans les mois qui viennent […] votre confiance m’aidera », avait glissé l’ancien président, qui s’était déclaré tard, le 22 mars 1988. En privé, Sarkozy parle aussi d’annoncer sa candidature en « mars ». « Au plus tôt le 15 février, plus tard si la crise s’aggrave », dit-il. Il travaille sur une « lettre aux Français », voire un livre, sur les conseils de son « gourou », Patrick Buisson. Côté projet, le président explique en privé qu’il prépare un « très gros coup »… Lequel? Là encore, mystère. Certains évoquent une mesure ciblée sur les catégories populaires. « Ce qui est sûr, confesse un élu, c’est qu’il ne reprendra rien du projet de l’UMP! »

Des vœux délocalisés dans une dizaine de villes

Mais le chef de l’Etat prend grand soin de ne pas trop ébruiter ses préparatifs. « Avec la crise, les Français veulent un président », concède-t-il. Son discours de Toulon sur la crise a été jugé trop politique. Dans la majorité, certains parlent carrément de « flop ». « Ça faisait trop meeting », déplore un dirigeant UMP. « Il ne faut pas qu’il en fasse deux comme ça », ose un ministre. Sarkozy a vu la sanction dans les sondages : il ne progresse plus depuis. Il s’est donc résolu à laisser François Fillon attaquer François Hollande, même si, en privé, il a bien du mal à se contenir sur son rival. « Très bon début de campagne! Qu’il continue comme ça », raille-t-il.

Enfin, l’Elysée organise la séquence des vœux de début d’année, qui seront délocalisés dans une dizaine de villes. « Il prépare son atterrissage en France après une longue séquence internationale », décrypte-t-on à l’UMP. Il débutera le 1er janvier à Metz, en hommage aux personnels mobilisés à la Saint-Sylvestre. Une équipe de l’Elysée sera dépêchée sur place dès le 31 décembre… avec prime à la clé. Deux jours plus tard, direction Brest pour les vœux aux forces armées. Les vœux aux forces économiques, très attendus en pleine menace sur le triple A, se dérouleront à Lyon. Sarkozy se rendra aussi à Lille, chez Martine Aubry, Mulhouse, Marseille, dans le fief de Jean-Pierre Raffarin en Poitou-Charentes et peut-être en Guyane.

Parfois, il lui arrive d’évoquer sa possible défaite : « Si on gagne, vous danserez. Si on perd, la droite explose. » Mais lui veut y croire. « En novembre 1980, Giscard devançait Mitterrand avec 59% contre 41% », rappelle-t-il. On connaît la suite…

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