Sarkozy et Cameron pour une entente cordiale?

Publié le par actu

David Cameron et Nicolas Sarkozy le 12 mars 2010 à Londres.

David Cameron et Nicolas Sarkozy le 12 mars 2010 à Londres./Reuters

ROYAUME-UNI - Le chef de l'Etat français se rendra à Londres le 18 juin…

L’arrivée de David Cameron à la tête du gouvernement britannique change la donne pour Nicolas Sarkozy. Admirateur de Tony Blair, le chef de l’Etat français avait apprécié de travailler avec Gordon Brown, notamment sur les dossiers européens. Désormais, Nicolas Sarkozy doit composer avec le nouvel homme fort britannique.

Nicolas Sarkozy a félicité David Cameron mercredi matin lors d’un entretien téléphonique, lors duquel le Britannique a invité le Français à Londres le 18 juin prochain pour le 70e  appel du général de Gaulle. L’occasion d’un premier accroc diplomatique puisque l’Elysée assure que c’est Downing Street qui a pris l’initiative du coup de téléphone, ce qui démentent les services de David Cameron…

Des parcours similaires

Plutôt du même bord politique, les deux hommes devraient pouvoir s’entendre car leur parcours se ressemblent, malgré leurs dix ans d’écart: Cameron a pris le parti conservateur à la hussarde en 2005 et l’a dépoussiéré, un peu comme Nicolas Sarkozy l’a fait avec la droite en prenant la tête de l’UMP fin 2004. Les deux hommes sont charismatiques, décomplexés, pragmatiques et ils n’hésitent pas à mettre en scène leur vie privée dans les médias. Si Nicolas Sarkozy passait pour un joggeur invétéré, Cameron, lui, se rend au parlement à vélo. Tory d’un nouveau genre, celui qui est surnommé le «Tony Blair de droite»  est le chantre du «conservatisme compatissant», qui fait la part belle au social et à l’écologie, un peu comme Nicolas Sarkozy, qui se targue d’être en pointe sur le dossier «vert».

Les deux hommes se sont déjà vus plusieurs fois, notamment lorsqu’ils étaient respectivement chefs de leur partis. «Leurs rapports ont toujours été chaleureux et positifs», a expliqué à 20minutes.fr un fin connaisseur des relations franco-britanniques. Ils se sont vus en mars dernier, lorsque Nicolas Sarkozy est allé à Londres.

L’Europe, poil à gratter

Reste un élément, de taille, susceptible de gripper les relations franco-britanniques: l’euroscepticisme des Tories de David Cameron. A ce sujet, Nicolas Sarkozy affiche son optimisme. «Si Cameron gagne, il fera comme les autres. Il commencera anti-européen et il finira pro-européen. C'est la règle», avait-il assuré la semaine dernière devant des parlementaires. «Cameron n’est pas un europhobe traditionnel», note un observateur des relations franco-britanniques, soulignant que le jeune Premier ministre était moins fermé sur le sujet que d’autres conservateurs.

Il sera aisé de juger sur pièces puisque des dossiers cruciaux seront bientôt évoqués. Le budget de l’Union européenne pour 2014 doit notamment être négocié l’an prochain. Or, le dossier de la PAC, traditionnellement très conflictuel, devrait diviser Français et Britanniques. Si Londres ne devrait pas tiquer sur le montant de  l’aide aux agriculteurs, le gouvernement devrait plaider pour le maintien du fameux rabais britannique, mais également pour une réorientation majeure des fonds vers des projets plus porteurs, alors que la Paris défendra coûte que coûtes les agriculteurs.

Quant à la régulation financière, cheval de bataille de Nicolas Sarkozy, David Cameron devrait traîner des pieds. Pendant la campagne, il a promis de protéger les intérêts de la City de Londres.

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