Ryanair entend, avec un bénéfice en hausse, gagner des parts sur ses concurrents

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Le président de Ryanair Michael O'Leary lors d'une conférence de presse à Marignane le 13 octobre 2010

Le président de Ryanair Michael O'Leary lors d'une conférence de presse à Marignane le 13 octobre 2010 Gerard Julien AFP/Archives

La compagnie aérienne irlandaise à bas coûts Ryanair a annoncé lundi un bénéfice semestriel en nette hausse, après avoir transporté plus de 40 millions de passagers, et promis de continuer à gagner des parts sur ses concurrentes Air France, British Airways ou Lufthansa.

Ryanair a fait état dans un communiqué d'un bénéfice net de 424 millions d'euros au premier semestre de son exercice 2010-2011 achevé au 30 septembre, en hausse de 13,5%. Il a transporté 10% de passagers supplémentaires durant cette période, avec 40,1 millions de billets vendus.

Hors éléments exceptionnels - qui prennent notamment en compte le coût du nuage de cendres islandais ayant perturbé au printemps le ciel européen-, les profits de la compagnie ont bondi de 17%, à 452 millions d'euros.

Durant la période considérée, le chiffre d'affaires de Ryanair a grimpé de 23% à 2,18 milliards d'euros.

Le PDG de la compagnie Michael O'Leary a vu dans ses résultats "une preuve de la robustesse du modèle" low-cost de Ryanair "qui permet d'enregistrer une hausse du trafic et des profits même en période de récession".

"Nous continuons à gagner des parts de marché dans toute l'Europe sur les trois groupes à prix élevés Air France, Brisish Airways et Lufthansa. Nous pensons que cette tendance va se poursuivre", a-t-il assuré.

Ces trois compagnies viennent de sortir du rouge, après avoir été durement affectées par la crise économique, mais Ryanair peut désormais se targuer de transporter plus de passagers qu'elles. La compagnie irlandaise a ainsi vendu en août plus du double de billets que sa rivale historique British Airways.

M. O'Leary s'est aussi vivement félicité dans son communiqué que Ryanair ait ravi en juillet à Iberia le titre de premier transporteur opérant à partir des aéroports espagnols.

La compagnie a précisé qu'elle augmentait légèrement ses prévisions pour l'ensemble de l'année, tablant désormais sur un bénéfice hors éléments exceptionnels compris entre 380 et 400 millions d'euros (contre 350 à 375 millions).

M. O'Leary a toutefois fait part de sa "prudence" pour la fin de l'année en raison d'un "manque de visibilité" sur l'évolution de la situation économique.

Le prix moyen du billet Ryanair s'est élevé à 44 euros, en hausse de 12%, alors que les coûts augmentaient de 13%. La facture de carburant a grimpé de 44%, à 660 millions d'euros, en raison de la hausse combinée des prix et du trafic.

Toujours empêtré dans la crise qui frappe le pays, le trafic de l'aéoroport de Dublin, base historique de Ryanair, a baissé de 30% en deux ans, a souligné le PDG, en fustigeant "les effets désastreux" d'une "taxe touriste" de 10 euros instaurée par le gouvernement.

M. O'Leary s'en est aussi pris "aux fermetures inutiles par les gouvernements européens" de l'espace aérien durant l'épisode du nuage de cendres islandais, qui a fait perdre à sa compagnie 32 millions d'euros après l'annulation de 9.400 vols.

Le patron de Ryanair a profité de l'occasion pour se livrer à l'un de ses exercices favoris en renouvelant ses attaques contre les contrôleurs aériens français, belges et espagnols, qui se sont mis en grève à plusieurs resprises depuis le début de l'année.

"Ces bureaucrates très bien payés ont désormais perturbé les voyages de plus de passagers que le volcan islandais, et pourtant l'Union européenne reste là sans rien y faire", a-t-il déclaré.

Il n'a en revanche pas évoqué sa décision de fermer en janvier son unique base française, à Marseille, en réaction à la mise en examen de sa compagnie pour "travail dissimulé", pour ne pas avoir respecté une réglementation soumettant les personnels navigants des compagnies étrangères installées en France au droit français.

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