RUGBY. Le courage du XV de France n'aura pas suffi

Publié le par actu

La joie des All Blacks d'un côté, les regrets français de l'autre. Les joueurs de Marc Lièvremont sont passés tout près de la victoire.
 
La joie des All Blacks d'un côté, les regrets français de l'autre. Les joueurs de Marc Lièvremont sont passés tout près de la victoire.
| (AFP/PAUL ELLIS)
D’un seul bond, tous les Néo-zélandais vêtus de noir se lèvent dans les tribunes de l’Eden park et hurlent leur joie. Sur le terrain, les All-Blacks font des sauts de cabris, trop heureux d’avoir préservé d’un point la victoire contre ces diables de Français (8-7). En rond une dernière fois pour se féliciter de l’effort accompli, les tricolores peuvent être fiers.
Héroïques de courage et d’engagement, ils méritaient tout autant de l’emporter.

Ils ont relevé le défi avant même le coup d’envoi, dès le haka version Kapa O’ Pongo effectué par les All Blacks. Dessinant un V pour faire face au début du rituel maori, Thierry Dusautoir et ses équipiers avancent d’un coup vers la ligne médiane, qu’ils franchissent allègrement pour finir à trois mètres de leurs vis-à-vis. Tant pis pour l’amende promise par l’IRB, leur prime de Coupe du monde suffira à la payer.

La défense très haute des hommes de Lièvremont ne fait pas reculer les Néo-Zélandais, mais les locaux comprennent tout de suite qu’il leur sera difficile de déployer de grands mouvements d’envergure. Les contacts de part et d’autre sont d’une agressivité rare, à la hauteur de l’intensité attendue pour une finale de Coupe du monde. Les Blancs y vont même un peu trop fort et concèdent des pénalités, sur mêlée ou dans le jeu au sol. Heureusement, Weepu se montre particulièrement fébrile au pied et ne concrétise pas les occasions de son équipe. Les limites de l’agressivité sont franchement dépassées lorsque McCaw assène un coup de genou en pleine tête à Parra, sonné sur le coup. L’ouvreur et buteur du XV de France laisse cinq minutes sa place à Trinh-Duc, le temps pour les Blacks d’inscrire un essai en force par Woodcock (15e, 5-0), puis reprend sa place et sort après cinq nouvelles minutes, trop atteint pour pouvoir continuer. Défiguré, immédiatement soulagé par une minerve, le Clermontois de 22 ans fond en larmes une fois sur le banc des remplaçants et le soutien de son ami Julien Pierre ne parvient pas à le réconforter. Ce drame est aussi un scandale et la réputation de tricheur jamais sanctionnée de McCaw, le plus capé des All Blacks, est plus que jamais méritée.
Ce coup dur ne fait que renforcer la détermination des Français à avancer et faire mal à leur adversaire. Le destin équilibre les débats lorsque Cruden, l’ouvreur néo-zélandais qui remplace le remplaçant de Carter, se tord le genou tout seul et quitte le terrain à son tour.

Une pénalité française de 45 mètres manquée...

Pour ne pas se laisser décrocher, comme lors du quart de finale remporté à Cardiff en 2007, les tricolores répondent à chaque tentative de percée par un plaquage détonant. Très tactiles, Dusautoir et Harinordoquy n’hésitent pas à mettre une claque sur la tête de leurs adversaires à chaque temps mort. A seulement 5-0 à la mi-temps, rien n’est perdu et Graham Henry, croisé dans les coursives de l’Eden Park au moment de son retour au vestiaire, semble préoccupé.
Un mini-break semble fait lorsque Donald sanctionne d’une pénalité une faute française (8-0, 46e). Les coqs ne l’entendent pas ainsi. Trinh-Duc récupère un ballon qui traine et l’action file jusque devant la ligne d’en but après deux charges de Rougerie et Servat. Le surnombre est fait, Dusautoir perce la défense et aplatit au ras du poteau. Pour soulager la cuisse gauche de Yachvili, Trinh-Duc se charge de transformer l’essai (7-8, 47e). Les Blancs jettent leur dernière force, mais Clerc doit sortir lorsque sa cheville dit stop. Médard glisse alors sur l’aile droite et Traille entre à l’arrière pour la dernière demi-heure, un mois après avoir disputé son dernier match au même endroit, face aux même All Blacks (défaite 37-17 en poule).

Tout est bon pour tenter de remporter cette finale, même l’absence d’esprit sportif dont fait preuve le public néo-zélandais lorsque Trinh-Duc tente, et manque, une pénalité de 45 mètres sous les sifflets. Sous les yeux de l’arbitre de touche qui ne bronche pas, Kaino distribue des coups de pieds à Bonnaire, Nallet et Médard dans un regroupement. A dix minutes du terme, les Kiwis donnent l’impression de gérer leur maigre point d’avance et encaissent les coups de boutoir assénés par les avants français en cédant mètres après mètres.

C’est le moment choisi par le staff des Bleus pour lancer Doussain à la place de Yachvili, à bout. A 20 ans, le demi de mêlée toulousain honore sa première sélection à l’instant de vérité d’une finale de la Coupe du monde ! La pression est sans doute trop forte pour le capitaine de l’équipe de France espoir, qui commet un en-avant sur son premier ballon. La mêlée avec introduction All-Blacks semble durer une éternité. Une faute française donne une pénalité, suivie d’une touche et d’un maul. Le chronomètre tourne. C’est fini. L’Eden Park sombre dans l’euphorie. La Coupe du monde revient au pays du rugby après 24 ans. Les Bleus eux, pourront rentrer en France, mais la tête haute. Pour les accueillir, rendez-vous mercredi vers 13h20 à l’aéroport de Roissy.

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