Quand un syndicat utilise un faux motif pour faire grève

Publié le par actu

Troisième syndicat de l’entreprise publique, SUD-Rail a appelé le 23 septembre à la grève. Le motif du préavis ne portait pas sur les retraites mais…sur les billets gratuits octroyés aux cheminots.

 
 

A la , tous les ont fait grève le 23 septembre contre la réforme des retraites. Tous sauf SUD-Rail, qui a appelé ses troupes à manifester pour… défendre l’accès gratuit des cheminots dans les trains! C’est en tout cas le motif officiel figurant dans le préavis national adressé à la direction des ressources humaines (DRH) de la SNCF (lire ci-contre). Nulle part dans les revendications, la réforme gouvernementale n’est évoquée.

« Peut-être, mais les retraites étaient bien la vraie raison de la grève. Nous n’avons pas communiqué sur la question de la gratuité, il n’y a eu aucun tract », assure Julien Troccaz, représentant SUD-Rail. En réalité, son syndicat a réalisé un tour de passe-passe juridique pour contourner la loi sur le service garanti.

 

Utiliser un prétexte

 

 

Explication. La demande de concertation immédiate (DCI), préalable à toute grève, doit être déposée quinze jours avant le conflit. De plus, durant ce délai, il est interdit de déposer une nouvelle DCI portant sur le même sujet. Les journées d’action du 7 septembre et du 23 étant trop rapprochées, impossible de remettre sur la table la question des retraites. Et comme les motifs avancés le 7 septembre par l’intersyndicale balayaient larges (retraite, , pouvoir d’achat, fret…), il ne restait plus beaucoup de thèmes à exploiter. D’où l’idée d’utiliser le prétexte de l’accès gratuit aux trains pour les cheminots et leur famille.

« Dans le contexte actuel, déposer un préavis sur ce sujet uniquement pour se démarquer des autres syndicats décrédibilise tous les cheminots », estime François Nogué, le DRH de la SNCF. D’autres syndicats, comme la CGT ou l’Unsa, eux aussi confrontés à la même contrainte, ont trouvé une parade différente. Ils ont déposé des préavis région par région. « Nous ne voulions pas faire cela car, dans trois d’entre elles, à Limoges, Strasbourg, Rennes, nous ne sommes pas représentatifs », explique Stéphane Leblanc, de SUD-Rail.

Ce n’est pas la première fois que ce syndicat s’engouffre dans les failles de la loi. Il y a deux ans, il avait initié des nouvelles formes de grèves tournantes. Le principe était simple : des préavis étaient déposés simultanément sur des sujets différents, l’un pour une grève illimitée, un autre pour un mouvement de 24 heures ou de 59 minutes. Les cheminots n’avaient alors plus qu’à choisir et se relayer. Et le conflit s’éternisait.

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