Primaires PS: ces sondages qui n’en sont pas vraiment

Publié le par actu

 Dans un bureau de vote pour les primaires socialistes le 16 novembre 2006 à Marseille. Contrairement à 2011, le vote avait été réservé aux seuls militants socialistes.
 

Dans un bureau de vote pour les primaires socialistes le 16 novembre 2006 à Marseille. Contrairement à 2011, le vote avait été réservé aux seuls militants socialistes. BORIS HORVAT / AFP

POLITIQUE - Certains socialistes râlent, les instituts de sondage se défendent et expliquent leurs méthodes face à scrutin ouvert pour lequel il est impossible de dégager un échantillon représentatif...

Quand Manuel Valls en a marre, il ironise. «Tous ces sondages sur les primaires sont formidables mais personne ne connait le corps électoral!.. », a écrit sur son compte Twitter le député de l’Essonne, candidat aux primaires socialistes et crédité de 4% des «souhaits» de vote dans le sondage Ifop pour France Soir publié ce mardi. Valls n’est pas seul à s’énerver. «L’échantillon n’est pas représentatif car de toute façon personne ne sait qui va venir voter  aux primaires », râle Olivier Dussopt, député et porte-parole de Martine Aubry. «C’est n’importe quoi. Sur ce sondage, elle est en retard chez les jeunes et en tête chez les CSP + alors que toutes les autres études disent le contraire depuis des mois.»

A un peu plus de deux mois du premier tour des primaires et à près de 10 mois de la présidentielle, les sondages commencent à chatouiller certains candidats. D’abord parce que, selon eux, il est impossible de savoir qui va venir voter à des primaires ouvertes, donc il est impossible de constituer un échantillon représentatif. «Nous n’avons jamais eu la prétention de faire des sondages sur ceux qui allaient voter mais de fournir aux médias un baromètre des tendances de vote aux primaires », nuance Jérôme Fourquet directeur du département opinions de l'Ifop. Vrai. Depuis le début des analyses, les instituts n’ont jamais menti sur la marchandise. Ils ne parlent en effet pas «d’intentions de vote» mais de «préférences de vote» (CSA) ou encore de  « souhaits de vote » (Ifop). Justement parce que l’échantillon est impossible à établir.

Des méthodes qui différent selon les instituts

Devant cet écueil, les instituts ont choisi différentes méthodes pour affiner leurs résultats.  A l’Ifop, on constitue l’échantillon à partir de 2.000 Français choisis selon la méthode des quotas. Dans ce groupe, on isole les sympathisants de gauche (environ 1.000 personnes) que l’on sonde sur les primaires. L’institut de sondage CSA, en revanche, sonde ceux qui ont affirmé dans une question préalable qu’ils iront voter en octobre. «Plus la primaire sera ouverte, plus nos sondages seront proches du vote», explique d’ailleurs Jérôme Fourquet. En effet, les militants ne pouvant être sondés (il serait trop long et trop cher pour les instituts de constituer un échantillon de militants trouvés par téléphone), plus leur pourcentage sera minime dans le vote et plus les instituts seront précis. Reste qu’au final, il sera  impossible jusqu’au jour du vote de savoir quels Français se déplaceront pour les primaires ou encore si les communistes se mobiliseront plus que les centristes.

Cette inconnue des primaires explique l’énervement des politiques contre les sondages. Un énervement d’ailleurs très variable suivant les livraisons. «Après la publication du sondage de ce matin, je vois tous les partisans de Hollande se réjouir. Mais les mêmes râlaient contre ce même institut, il y a mois», se souvient Olivier Dussopt. L’Ifop et France Soir avaient en effet été les premiers à placer Martine Aubry en tête devant Hollande. « Au final, il est préférable d’étudier les sondages thématiques (sur la capacité à rassembler, la détermination), de mesurer les tendances à moyen et long terme et de croiser les  instituts », conclut le porte-parole.

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