Nicolas Sarkozy reconduit François Fillon à Matignon et constitue son nouveau gouvernement

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Nicolas Sarkozy et son Premier ministre François Fillon à Colombey-les-Deux-Églises le 9 novembre 2010 Eric Feferberg AFP/Archives

Nicolas Sarkozy a reconduit dimanche matin François Fillon plébiscité par la droite, au poste de Premier ministre, mettant fin à cinq mois d'incertitude, et il devait constituer d'ici à lundi au plus tard l'équipe censée engager une nouvelle étape de son quinquennat.

Après l'annonce surprise samedi peu après 19H30 d'une démission du gouvernement en place - une première un week-end sous la Ve République-, l'annonce de la reconduction de François Fillon à Matignon, finalement préféré à Jean-Louis Borloo, est tombée vers 09H50.

Moins de vingt minutes plus tard, le Premier ministre a assuré dans un communiqué s'engager "avec détermination dans une nouvelle étape", évoquant sa "profonde estime personnelle" pour le chef de l'Etat.

La longue poignée de main samedi soir de Nicolas Sarkozy à François Fillon qu'il raccompagnait sur le perron de l'Elysée était apparue, pour des sources gouvernementales et à l'UMP, comme la confirmation d'une décision présentée comme quasi certaine depuis plusieurs jours dans la majorité.

Le nouveau gouvernement sera connu d'ici dimanche soir ou au plus tard lundi, a-t-on souligné dans la matinée à Matignon, en précisant que le Premier ministre procèderait "à des consultations toute la journée".

Une certitude, la nouvelle équipe sera resserrée avec 26 membres (ministres et secrétaires d'Etat) contre 37 actuellement, selon une source gouvernementale.

Autre assurance, l'arrivée d'Alain Juppé, qui l'a lui-même annoncée samedi depuis Bordeaux, bousculant du même coup le protocole institutionnel. Il est donné à la Défense.

Des femmes du gouvernement sortant seront promues. Il en ira ainsi de Valérie Pécresse, qui a mené la réforme des universités, de Nadine Morano, une fidèle du président, et de Nathalie Kosciusko-Morizet. Mme Pécresse pourrait aller à la Justice, tandis que Mmes Morano et Kosciusko-Morizet, toutes deux secrétaires d'Etat, deviendraient ministres.

En revanche, Fadela Amara (Ville) est donnée partante.

Le chef de l'Etat doit résoudre l'équation Jean-Louis Borloo, et essayer de le convaincre de rester au gouvernement. Longtemps donné favori comme nouveau Premier ministre, l'ex-ministre de l'Ecologie s'est fixé pour objectif de fédérer les centristes, et pourrait être tenté de se préparer pour la présidentielle.

"Des postes prestigieux lui ont été proposés: Affaires étrangères, le même ministère très élargi et plus puissant. Jean-Louis Borloo examine ces propositions tranquillement", confiait samedi à l'AFP un proche de l'ancien maire de Valenciennes.

"Pour l'instant, ça coince autour du cas de Borloo et du secrétariat général de l'UMP", a-t-on indiqué dimanche matin de source gouvernementale. "Tout le reste du gouvernement est suspendu à ça".

Luc Chatel (ex-Education) a ouvert le bal des consultations dans le bureau de François Fillon, juste devant le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, qui entrera au gouvernement.

Après une entrevue samedi, M. Borloo devait de nouveau être reçu par le président dans la journée.

Quant à la direction de l'UMP, elle est ouvertement briguée depuis la fin de l'été par Jean-François Copé, mais le souhait exprimé par François Fillon de lui confier le portefeuille de l'Intérieur pourrait bouleverser la donne, même si l'hypothèse a été fermement repoussée par le patron des députés UMP.

La reconduction de François Fillon a suscité des commentaires acerbes à gauche.

"Tout ça pour ça", a ironisé Jean-Christophe Cambadélis (PS), tandis que le porte-parole du parti Benoît Hamon a fustigé auprès de l'AFP "la reconduction d'un Premier ministre en échec (...) par un président de la République lui même en échec".

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