Marseille : Ryanair met ses menaces à exécution

Publié le par actu

La compagnie aérienne low cost annonce la fermeture prochaine de son unique base française pour se venger "de l'ouverture d'une procédure judiciaire" contre elle. Treize lignes vont fermer.

TF1/LCI : Un appareil de Ryanair à l'aéroport de StrasbourgUn appareil de Ryanair à l'aéroport de Strasbourg © TF1/LCI

La justice s'intéresse à Ryanair ? La compagnie aérienne low cost claque la porte ! Ryanair a annoncé mercredi la fermeture à partir du 11 janvier 2011 de son unique base française, à Marseille, en raison "de l'ouverture d'une procédure judiciaire" contre elle. Avant la tenue d'une conférence de presse dans un hôtel de l'aéroport Marseille-Provence à Marignane (Bouches-du-Rhône), la société irlandaise a précisé dans un communiqué qu'elle transfèrerait ses avions ainsi que ses salariés dans d'autres aéroports européens.


 
"Nous sommes très déçus de la décision des autorités françaises d'engager des poursuites contre la base de Ryanair à Marseille, qui est totalement conforme à la réglementation de l'UE pour les travailleurs mobiles des transports", a déclaré Michael O'Leary, présent à Marseille pour faire cette annonce. Le PDG a critiqué les fondements de cette action en justice et a estimé qu'il en coûterait donc "des pertes d'emploi pour Marseille et la France". C'est "le prix fort à payer" pour démontrer que les quelque 200 salariés basés à Marseille, selon la compagnie, sont bien sous contrat irlandais et donc assujettis à la réglementation du travail irlandais, a-t-il ajouté.
 
Treize lignes vont fermer
 

Ryanair, visée par une information judiciaire ouverte en avril par le parquet d'Aix-en-Provence, a été mise en examen fin septembre pour "travail dissimulé". La compagnie irlandaise avait fait de Marseille sa première base française en novembre 2006, avec quatre avions basés sur le terminal low-cost mp2 de l'aéroport de Marseille-Provence. Treize lignes vont fermer suite à cette décision: Agadir, Brest, Eindhoven, Lille, Marrakech, Nador, Nantes, Palerme, Paris, Tanger, Tenerife, Tours, Venise. Dix lignes seront maintenues (Bruxelles, Dusseldorf, Fez, Londres, Madrid, Malte, Porto, Rome, Séville, Valence) mais opérées par des personnels installés dans d'autres aéroports que celui de Marseille, a précisé le PDG en conférence de presse.
 
Selon l'aéroport de Marseille, le départ de Ryanair va se traduire par 30.000 passagers en moins en janvier et 50.000 en février et mars. Trois destinations sont évoquées par Ryanair pour le transfert de sa base: l'Espagne, l'Italie ou la Lituanie. "C'est un jour très sombre mais nous ne pouvons pas attendre une année, voire plus, pour risquer d'éventuelles amendes plus importantes si la procédure judiciaire ne nous était pas favorable", a déclaré M. O'Leary. "Nous respectons les juges aixois, nous ne remettons absolument pas en cause leur travail mais nous prenons en compte cette décision pour démontrer justement à quel point nos salariés sont mobiles et qu'ils n'ont pas à être assujettis à la législation du travail française".  Ryanair, qui compte 7.000 salariés dans le monde, est le deuxième transporteur de l'aéroport marseillais derrière Air France, avec près de 1,5 million de passagers en 2009.
 
La Chambre de commerce et d'industrie Marseille Provence (CCIMP), qui gère l'aéroport, a estimé mercredi que la fermeture début 2011 par la compagnie low-cost Ryanair de son unique base française, à Marseille, constituait "un coup d'arrêt pour le développement du territoire" et "une très mauvaise nouvelle pour les entreprises et les commerces du territoire". "En moins de quatre ans, Ryanair, grâce à ses quatre avions basés sur notre territoire, a permis la création de 1.000 emplois directs et indirects et procuré plus de 550 millions d'euros de retombées économiques", a commenté Jacques Pfister, son président.

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