Liverpool n'en fini plus de couler

Publié le par actu

 

 

Le défenseur de Liverpool Jamie Carragher face à Everton, le 17 octobre 2010 P.NOBLE/REUTERS

FOOT - Le nouveau propriétaire peut-il tout changer?…

John Henry a du se poser bien des questions en quittant Goodison Park, dimanche soir. Après deux heures de torture, l’homme d’affaires américain, qui vient de racheter Liverpool pour 330 millions d’euros, a vu son nouveau club sombrer à la 19e place du championnat après une humiliante défaite face à Everton (2-0), dans le derby de la Mersey. Lui qui espérait pour sa première une réaction d’orgueil des Reds n’a pu contempler que l’abyssal travail qu’il va avoir à effectuer dans les prochains mois. Car Liverpool, qui accueille Naples jeudi en Ligue Europa, est un club malade. Finaliste de la Ligue des champions en 2007, deuxième du championnat d’Angleterre en 2008, il n’est depuis deux ans plus que l’ombre de lui-même.
 
«Après la saison où nous avions terminé deuxième (2008-2009), qu'est-ce qui a changé ? Les Américains (Hicks et Gillett)», dénonce Rafael Benitez, l’ancien entraîneur des Reds. Parti cet été à l’Inter Milan, «Rafa» accuse les deux entrepreneurs américains, arrivés à la tête du club en 2007, d’avoir mené le club à une faillite tant financière que sportive: «C'est simple: ils ont changé des choses et, au final, ils ont changé tout ce que nous faisions. Vous savez qui blâmer.»

«Un manque de fighting spirit»
 
Alors Hicks et Gillett, seuls responsables? «Je pense que tout est lié, analyse Laurent Viaud, ancien footballeur français actuellement recruteur pour les Reds. Quand il y a un flou au niveau de la tête du club, le travail sur le terrain s’en ressent. Tant que la stabilité ne sera pas revenue totalement ce sera difficile qu’on remonte la pente.» Incapables «de taper du poing sur la table», et ne pensant qu’à «vendre le club» - ce qu’ils ont finalement réussi la semaine passée – les deux hommes d’affaires ont certes aidé à créer un climat délétère autour d’Anfield Road, mais ne peuvent être blâmés pour le pauvre niveau de jeu affiché par les joueurs.
 
«L’an dernier, on a manqué de banc, confirme Viaud. Certains joueurs comme Xabi Alonso (parti au Real Madrid) n’ont pas été remplacés. Et puis, quand Steven Gerrard et Fernando Torres ne sont pas là, Liverpool perd. Et ses deux joueurs ont été blessés quasiment toute l’année dernière et ne sont pas encore revenus à leur meilleur niveau.» Pire encore, «il y a un problème collectif, allume Viaud. Dans l’attitude, tu ne reconnais pas l’équipe, pourtant réputée pour son fighting spirit. J’ai peur que les joueurs aient la maladie du football: la suffisance, le manque d’envie, d’identité au maillot...»
 
Pour le «scout» [le recruteur] des Reds, l’arrivée d’une nouvelle équipe dirigeante ne garantit aucunement le retour à la sérénité dans le vestiaire. Lui-même n’a «aucune idée» sur son avenir au club. «On est en sursis à tous les niveaux. Il faut clarifier la situation. Des rumeurs annoncent même qu’Henry arriverait avec un nouvel entraîneur...» En place depuis à peine six mois, Roy Hodgson pourrait ainsi faire les frais de la politique agressive de son nouveau président. Le coup de l’électrochoc?

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