Les supporters douchés par les Bleus

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Les supporters français présents au bord du terrain d'entraînement des joueurs de l'équipe de France, le 14 juin 2010

 

 

Les supporters français présents au bord du terrain d'entraînement des joueurs de l'équipe de France, le 14 juin 2010 R.S./20minutes

FOOT - Pour les fans de l'équipe de France, la séance en public de lundi était une vaste plaisanterie...

Il faut être un peu masochiste pour rester plus d'une heure au bord d'un terrain, frigorifié et trempé jusqu'à l'os. «Masochistes? Non, on est juste supporters de l'équipe de France», corrige Hervé, l'un des fans des Bleus, présent lundi autour du Field of Dreams, la pelouse d'entraînement des joueurs de Raymond Domenech. Pour la première fois depuis leur arrivée il y a dix jours à Knysna, ils ont ouvert leurs portes, le temps d'une séance écourtée par la pluie, le froid et le vent.

Cette fois, on ne peut plus leur reprocher leur perpétuel confinement. Même s'ils n'ont fait que répondre à une obligation de la Fifa, ils ont montré leur visage à ceux qui ont fait 9.000 kilomètres et dépensé plusieurs milliers d'euros pour les encourager. Dans une étroite tribune en ferraille, sans toit, ils sont une trentaine à chanter pour se réchauffer. Autour d'eux, une poignée de locaux, invités à observer exceptionnellement les fantômes de Knysna.

Le plus sympa? Wiltord

Pour voir quoi? Rien de bien transcendant.
Trente minutes de sprints autour de Robert Duverne. Puis une demi-heure d'opposition sur une moitié de terrain. Rien de plus, ou presque. Pas de rencontre avec les supporters, pas de photos, pas de discussion. Tout juste un salut de la main, transmis de loin par Raymond Domenech. «Pfff... On est habitués, souffle Einat, l'un des piliers des «Irrésistibles Français», frigorifiée dans son anorak bleu. Moi, je serai toujours là pour eux de toute façon. J'étais même aux Féroé. En fait, le seul qui est sympa, c'est... Sylvain Wiltord.» Manque de chance, l'ex-Messin n'est que consultant pour Canal+ en Afrique du sud.

«En fait, on n'attire pas tout ce qui porte des crampons, grince Hervé, l'acharné de 36 ans. Mais c'est comme la pluie, on n'a pas trop le choix, on est obligés de subir. Encore une fois, on a l'impression d'être transparents.» Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé. Pendant la séance, la joyeuse troupe a scandé les noms de tous les joueurs un par un. Y compris celui de certains absents (Trézéguet, notamment).

Le soutien du maillot, pas des joueurs

D'une manière générale, certains noms attirent un peu plus la sympathie que les autres. Evra, Gignac, Henry, Goucuff, voilà ceux qui savent parfois se montrer reconnaissants. Avec le temps, les supporters ont fini de s'indigner du snobisme ambiant. Ils vivent cette relation à sens unique sans rien attendre de ces stars qu'ils n'approchent que très rarement. En fait, plus que les joueurs, «c'est le maillot bleu qu'on soutient, enchaîne Hervé. A la Fédération on nous dit souvent qu'il est difficile d'organiser des choses avec nous parce que ce n'est pas dans la culture des Français d'être supporter». Mais en l'occurrence, les joueurs tricolores n'ont pas la culture du supporter non plus.

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