Les manifestants à Moscou : «Les falsificateurs en prison !»

Publié le par actu

A Moscou, entre 20 000 et 40 000 personnes manifestent samedi 10 décembre contre les résultats des récentes élections législatives qui ont vu Russie Unie, le parti de Vladimir Poutine, conserver la majorité à la Douma.
A Moscou, entre 20 000 et 40 000 personnes manifestent samedi 10 décembre contre les résultats des récentes élections législatives qui ont vu Russie Unie, le parti de Vladimir Poutine, conserver la majorité à la Douma.
| AFP/YURI KADOBNOV
Des dizaines de milliers de personnes manifestent samedi dans toute la Russie. A Moscou et dans plus d'une cinquantaine de villes, des rassemblements sont organisés par l'opposition. Les protestataires dénoncent les fraudes massives qui ont entaché les récentes élections législatives dont ils réclament l'annulation.
Le 4 décembre dernier, le parti de Vladimir Poutine, Russie Unie, a remporté l'élection avec près de 50 % des voix. Un résultat gonflé de 20 points selon les opposants qui, depuis, manifestent tous les jours. Mais les revendications ne s'arrêtent pas là. Les manifestants exigent non seulement la démission de Poutine, mais une résolution appelant à de nouvelles élections.


A Moscou, plus de 20 000 personnes - selon la police, le double selon les organisateurs - sont rassemblées sur la place Bolotnaïa où les autorités ont autorisé un rassemblement de 30 000 personnes. Les organisateurs ont appelé à venir avec des rubans blancs, des ballons et des fleurs, à ne pas proférer d'insultes et d'éviter toute provocation envers les forces de l'ordre. Des dizaines de milliers de policiers sont mobilisés dans tout le pays. A Saint-Pétersbourg, quelque 10 000 manifestants on été dénombrés par les forces de l'ordre.

«Les falsificateurs en prison !»

Compte-tenu du décalage horaire, les manifestations avaient débuté plus tôt dans les villes de l'Extrême-Orient du pays. «Annulez les résultats des élections!» et «Les falsificateurs en prison !», réclamaient environ 500 manifestants à Vladivostok, le port russe de la côte Pacifique, à sept fuseaux horaires de Moscou. A Khabarovsk, une autre ville importante de la région, 400 personnes ont manifesté et environ 50 personnes ont été interpellées, selon un responsable du parti communiste joint par l'AFP.

A Tomsk, en Sibérie, les manifestants affluaient et étaient déjà au nombre de 1 500 environ vers 8 heures GMT. A Barnaoul, dans le sud de la Sibérie, plusieurs centaines de manifestants  - un millier selon l'opposition - se sont rassemblés devant l'administration locale dont ils ont encerclé le bâtiment, selon l'agence Itar-Tass. Les manifestants étaient entre 2 000 et 3 000 à Tcheliabinsk (Oural), 300 à Orenbourg et 400 à Kemerovo (Sibérie), selon des militants locaux joints par l'AFP.

Une mobilisation sans précédent


Cette mobilisation est sans précédent depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, en 2000. Le Kremlin multiplie les pression envers les protestataires. Les débordements seront réprimés «par tous les moyens légitimes», a averti jeudi le Premier ministre. Le parquet de Moscou a aussi mis en garde contre tout débordement qui obligerait la police à «prendre les mesures nécessaires pour garantir le maintien de l'ordre». Le chef des services sanitaires russes a de son côté appelé à ne pas participer à ces rassemblements parce qu'ils «favorisent la diffusion rapide des virus», et notamment celui de la grippe.

Samedi matin, le Journal officiel russe a publié les résultats officiels des législatives, confirmant la victoire de Russie Unie avec 49,32% des voix et une majorité absolue de 238 sièges sur 450 à la Douma, la chambre basse du parlement.

La mise en garde des Etats-Unis

Suite aux manifestations quotidiennes depuis une semaine, quelque 1 600 personnes ont été interpellées à Moscou et Saint-Pétersbourg. Nombre d'entre-elles, dont plusieurs leaders d'opposition, ont été condamnées à des peines allant jusqu'à 15 jours de prison.

Un responsable de l'Eglise orthodoxe russe, l'archiprête Alexandre Iliachenko, a appelé les manifestants à protester contre le «cynisme»  incarné par le régime de Vladimir Poutine. L'ancien dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev a qualifié les élections de « partiales » et demandé à ce qu'elles aient à nouveau lieu. La mission d'observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) avait déclaré à Moscou, à l'issue du scrutin, avoir relevé des irrégularités «fréquentes» et «de sérieuses indications de bourrage des urnes», ce qu'ont également dénoncé nombre d'ONG.

Ces élections et la répression des manifestations qui ont suivi ont suscité de vives critiques des Etats-Unis, de l'UE, de la France et de l'Allemagne notamment. En retour, Vladimir Poutine a accusé jeudi les Etats-Unis d'avoir fomenté la contestation. Des accusations rejetées le même jour par Washington. La porte-parole du département d'Etat, Victoria Nuland, a déclaré vendredi que les Etats-Unis demandaient «aux manifestants comme aux forces de l'ordre de faire en sorte que ces manifestations se déroulent dans le calme».
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