Les Irlandais défilent dans la rue contre le plan de rigueur

Publié le par actu

Des Irlandais manifestent leur mécontentement contre le gouvernement irlandais et son plan de rigueur le 26 novembre 2010.

 

Des Irlandais manifestent leur mécontentement contre le gouvernement irlandais et son plan de rigueur le 26 novembre 2010. BEN STANSALL/AFP

SOCIAL - Entre 25.000 et 250.000 personnes sont attendues dans tout le pays...

Des milliers d'Irlandais étaient appelés à manifester leur mécontentement, samedi midi, contre un plan de rigueur draconien voulu par Dublin et présenté comme la condition sine qua non d'un vaste programme d'aide de l'UE et du FMI, dont l'annonce est imminente.

«Nous payons plus que les Grecs»

La Garda, police irlandaise, s'attend à plus de 50.000 manifestants mais l'ICTU, première confédération syndicale de l'île qui organise la marche, s'est refusée à tout pronostic. «Nous avons réuni par deux fois ces dernières années 250.000 personnes», souligne cependant son porte-parole Macdara Doyle. «Comparé à des pays comme la France et le Royaume-Uni, ça se traduirait en millions», a-t-il déclaré à l'AFP.

Les syndicats veulent mobiliser contre un plan de rigueur qui est «une déclaration de guerre contre les travailleurs les moins bien payés», souligne Jack O'Connor, président du Siptu, premier syndicat irlandais.

Les mesures d'austérité annoncées mercredi prévoient 15 milliards d'euros de réductions budgétaires et de hausses d'impôts d'ici 2014, avec de réels sacrifices pour la population. Les allocations chômage et familiales seront réduites, tout comme les retraites des fonctionnaires et le salaire minimum, et près de 25.000 emplois publics seront supprimés.

>> Pour tout comprendre au plan de sauvetage de l'UE, c'est par là

Ce plan vise à ramener à 3% le déficit public irlandais, actuellement de 32% du Produit intérieur brut (PIB). Il est présenté comme la condition sine qua non d'un vaste programme de l'Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI) visant à sauver l'Irlande, lourdement endettée après avoir dû renflouer ses banques criblées de dettes.

L'aide internationale, qui devrait atteindre 85 milliards d'euros est en principe attendue avant l'ouverture des marchés, lundi matin. Selon les médias nationaux, Dublin rembourserait ce prêt à un taux de 6,7%, largement plus que les 5,2% demandés à la Grèce, ce qui ne va pas manquer d'ajouter à la colère de la population. «Nous payons plus que les Grecs», titre l'Irish Sun. «Un taux d'intérêt punitif», juge l'Irish Independent.

«Les travailleurs ordinaires sont contraints de payer pour des banquiers, des promoteurs et des politiciens corrompus», enrage Eamon Doyle, numéro un du TEEU, premier syndicat dans l'ingéniérie.

«Traitres»

Les syndicats vont tenter de faire vibrer la corde nationaliste, mise à mal après l'appel «humiliant» à l'aide extérieure. La manifestation s'achèvera ainsi devant la célèbre GPO (General Post Office), où avait été lue en 1916 la déclaration d'indépendance.

Il faudra cependant surmonter plusieurs obstacles pour mobiliser les foules: la neige et la grêle qui tombaient samedi matin sur Dublin; la résignation de nombreux Irlandais, qui se disent qu'il n'y a aucune alternative à l'austérité; et la crainte d'une répétition des violences survenues lors d'une manifestation d'étudiants, il y a quelques semaines.

Des centaines de policiers et un hélicoptère ont été mobilisés pour la marche, qui démarre à 12h (GMT et locales). Plusieurs attaques ont ciblé ces derniers jours des ministres: l'un a été aspergé de peinture rouge, un autre saisi par la cravate par un électeur mécontent et la permanence d'un troisième a été peinte d'un large «Traitres».

Le mécontentement s'est également traduit dans les urnes, avec une cuisante défaite du parti au pouvoir, le Fianna Fail, lors d'une législative partielle tenue jeudi. «C'était un référendum sur le plan de sauvetage international», estime l'Irish Sun. Cette défaite augure mal pour les élections anticipées que le gouvernement a été contraint d'annoncer pour le tout début 2011, afin d'éviter une implosion de la coalition au pouvoir.

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