Les gendarmes auront-ils la peau du cyclisme français ?

Publié le par actu

Une grave menace pèse sur les courses cyclistes françaises : celle des gendarmes. Ou plus précisément, celle du coût des gendarmes chargés de la sécurité des courses. Leur tarif horaire a été multiplié par 5. Les organisateurs craignent de ne plus pouvoir faire face.
vélo velo cyclisme cycliste route © Franck Lefebvre

La Ligue nationale du cyclisme lance un SOS : l'existence de la plupart des courses françaises est menacée par la hausse vertigineuse du coût des forces de sécurité, pour l'essentiel la gendarmerie. "Les organisateurs, bénévoles le plus souvent, ne pourront pas faire face et le risque d'annulation des courses est très élevé pour cette raison budgétaire", estime le président de la LNC, Marc Madiot, très inquiet pour les premières courses de la saison en février (Etoile de Bessèges, Tour méditerranéen, etc).

Un arrêté publié fin octobre a fait passer le tarif horaire par gendarme de 2,40 euros à plus de 12 euros. En attendant une augmentation programmée de ce barème qui atteindra en 2014 la somme de 20 euros. "La mesure a été prise, nous a-t-on dit, par rapport aux forces de sécurité qui sont mobilisées aux abords des stades de foot en cas de problèmes", a expliqué Marc Madiot. "Mais c'est le cyclisme qui est touché de plein fouet".

"Si on ne trouve pas de solution, c'est le chômage"

Le cyclisme français a engagé une mobilisation tous azimuts. La Fédération française de cyclisme, présidée par David Lappartient, a écrit au ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, cosignataire de l'arrêté. La LNC et les organisateurs ont cherché à sensibiliser les différents élus locaux à ce problème. "C'est tout le calendrier qui est concerné, insiste Marc Madiot, et à la clé l'avenir des équipes et des coureurs. Si on ne trouve pas de solution, c'est le chômage".

La hausse par cinq du coût du gendarme, ainsi que les augmentations connexes, alourdit le bilan en premier lieu des courses par étapes, quel que soit leur niveau. Le Tour de Normandie, organisé chaque année en mars, voit ainsi sa facture grimper de plus de 30.000 euros. Comme l'épreuve normande ou encore les 4 Jours de Dunkerque dont l'organisateur a déjà annoncé qu'il ne pourrait faire face en 2011 si aucune solution n'est trouvée, l'Etoile de Bessèges, qui ouvre traditionnellement la saison européenne début février, est directement menacée. A très court terme.

"Il faut savoir que 80 % des frais pour la sécurité doivent être acquittés par les organisateurs avant le départ des courses", souligne Marc Madiot, conscient qu'un contre-la-montre est engagé, en toute urgence, en cette période hors saison. Et de rappeler que la plupart des épreuves de cyclisme, sport gratuit pour le public, dépendent de passionnés, de bénévoles.

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