Le premier ministre russe reçu à l'Élysée

Publié le par actu

Nicolas Sarkozy (à g.) et Vladimir Poutine, au palais de l'Elysée, le 29 mai 2008.
 

Nicolas Sarkozy (à g.) et Vladimir Poutine, au palais de l'Elysée, le 29 mai 2008. L. DOLEGA / EPA / SIPA

DIPLOMATIE - Amnesty International appelle à évoquer les exactions dans le Caucase du Nord...

La France, en « négociations exclusives » avec la Russie pour lui vendre un navire de guerre Mistral, a accueilli hier le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, dans le cadre de l'année croisée France-Russie. Au programme aujourd'hui : l'inauguration de l'« Exposition nationale russe » au Grand Palais, et un déjeuner de travail avec Nicolas Sarkozy. Ils discuteront des grands dossiers internationaux et de leur coopération économique – la France est passée du 13e au 9e rang des partenaires commerciaux de la Russie. Les investissements français en Russie représentent 3,2milliards d'euros, contre 350 millions d'investissements russes en France.


Parallèlement, Amnesty International projettera un film sur des bâtiments parisiens «pour dénoncer la torture, les assassinats, les disparitions forcées, la censure, le racisme… des pratiques toujours en vigueur en Russie». «Il serait choquant que la France n'évoque pas ce climat d'impunité et de répression accrue lors de cette visite», a averti l'organisation. A l'Elysée, on rappelle que la France «soutient les réformes de modernisation en cours en Russie». Mais ces «réformes» tardent à venir, selon les organisations de défense des droits de l'homme, qui dénoncent une grave détérioration de la situation dans le Caucase du Nord. Dans un rapport du 31mai, Dick Marty, le rapporteur à la Commission des questions juridiques et des droits de l'homme du Conseil de l'Europe, souligne que les exactions se multiplient «dans la plus complète impunité» en Tchétchénie, en Ingouchie et au Daghestan […]. La seule répression ne résoudra jamais rien.» Une résolution doit être discutée à l'Assemblée parlementaire du Conseil le 22juin.


«Des atteintes, il y en a partout»

La Russie est le pays du Conseil de l'Europe le plus condamné par la Cour européenne des droits de l'homme. Le président Medvedev a reconnu lui-même que les troubles dans le Caucase du Nord étaient devenus le problème intérieur numéro un de la Russie. «Et depuis les attentats de Moscou, il y a une claire reprise en main des forces russes, surtout en Ingouchie », ajoute Danièle Artur, membre d'Amnesty.


Les exactions n'assombriront pas pour autant les relations avec la France, malgré la «franchise» revendiquée par l'Elysée. «C'est devenu une question de second, voire de troisième ordre pour la diplomatie française, analyse Thomas Gomart, chercheur à l'Institut français des relations internationales. Non pas qu'elle n'en parle plus, mais cela ne doit pas bloquer à ses yeux la relation générale avec Moscou (...). Les deux pays se voient comme indispensables sur les grandes questions de sécurité, et aiment à conclure des partenariats industriels avec les grands groupes.» Si Sarkozy venait à évoquer le sujet, Poutine pourra sans doute lui répéter ce qu'il a déclaré lundi à l'AFP: «Les atteintes, il y en a partout. Prenons par exemple les atteintes aux droits de l'homme dans le système pénitentiaire français...»

Publié dans actualité national

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article