La Seine-Maritime perd son Paris

Publié le par actu

 

FLOP. Le Conseil général de Seine-Maritime va bientôt fermer sa « Maison du Département » à Paris. La fin d’une peu glorieuse aventure.

 

C’était écrit. Le 26 octobre 2008, sous le titre « Une vitrine encore en travaux », nous nous interrogions dans ces mêmes colonnes sur le bilan peu convaincant de la « Maison du Département de Seine-Maritime » ouverte un an plus tôt au cœur de Paris. Afin tout à la fois de « valoriser les atouts de notre territoire sur le plan touristique et culturel » et d’offrir un « point de rencontre des forces vives du Département », le conseil général de gauche cédait à son tour à la tentation provinciale d’un pied-à-terre parisien. Imitant ainsi le Rhône, la Lozère ou encore l’Aveyron. Et il y mettait les moyens : la location de bureaux de 256 m² dans le quartier des Halles contre un loyer annuel de près de 41 000 €. Un choix stratégique peu contesté au sein de l’assemblée départementale mais qui n’a pourtant jamais fait ses preuves. Les deux agents qui étaient détachés 5 jours sur 7 fêtaient leur premier anniversaire en tentant de résorber une méchante inondation au sous-sol et… de s’occuper entre la petite dizaine de visites quotidiennes !


Le Département parlait alors d’une « relance » de la structure, portée par le (toujours) président de la fédération française d’athlétisme, Bernard Amsalem. Même si le nombre de réunions tenues au 18 de la rue de Turbigo (2e) a presque doublé en 2009, la démonstration de sa pertinence n’a pas été convaincante. Il y a  quelques semaines, Bernard Amsalem mettait fin à sa mission (au sein du Comité olympique français il prépare actuellement la participation des équipes tricolores aux jeux de 2012 à Londres) et le président du Conseil général, Didier Marie, décidait de mettre fin à la peu glorieuse expérience. « Au regard des contraintes budgétaires qui sont les nôtres compte tenu des transferts de charges de l’Etat, nous avons pris la décision de fermer la Maison du Département à Paris dans le courant de l’année 2010. Nous le ferons pendant l’été ou un peu après. Nous allons attendre le lancement du festival Normandie Impressionniste. Actuellement, nous avons mis le droit au bail en vente. Un des deux agents va être intégré dans un autre service, l’autre va être accompagné », détaille jeudi l’élu, se refusant néanmoins à parler d’erreur. « Je continue de croire que cela était une bonne idée. Nos territoires ont besoin de se faire connaître, il y a un besoin de promotion de nos atouts naturels. Dans ce domaine toutes les initiatives sont bonnes à prendre. Aujourd’hui, on est contraint de réduire la voilure. Le tourisme pour nous c’est une stratégie  globale. Si on ferme la Maison du département d’abord, c’est que ce n’est pas le premier de nos outils », défend Didier Marie, citant notamment les efforts entrepris en direction du net.

Mais s’il fallait absolument une vitrine parisienne, une Maison de Seine-Maritime n’aurait-elle pas plus facilement gagné en légitimité si elle s’était appelée… Maison de Normandie, épousant les contours régionaux du Comité régional du tourisme, comme les maisons de l’Aquitaine, de l’Alsace ou de la Bretagne ? Didier Marie n’en est même pas convaincu. « Nous, notre credo c’est la Seine-Maritime en Normandie. Le Comité régional du tourisme travaille, lui, sur la structuration des filières touristique et sur la promotion à l’échelle internationale. Cela reste à nous de vanter nos atouts ! » nuance le président du département seinomarin.
Au vu du prix (environ 115 000 € pour les seuls loyers, sans compter les salaires des deux agents et du directeur) et de l’impact tout relatif (lire ci-dessous) de l’expérience parisienne, pas sûr que ce désir de séduction prenne demain la forme d’une maison.

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