La pression des JO s'abat sur les leaders bleus

Publié le par actu

Le patineur français Brian Joubert, victime d'une chute sur la patinoire des Jeux de Vancouver, le 16 février 2010
 
Le patineur français Brian Joubert, victime d'une chute sur la patinoire des Jeux de Vancouver, le 16 février 2010/SIPA

VANCOUVER2010 - Brian Joubert, Pierre Vaultier, Sandrine Bailly. Tous ont mal géré la pression...

Pas besoin d’être expert labial pour traduire le supplice de Brian. «Putain, Jeux olympiques de merde. J'y arriverai pas, j'y arriverai pas.» Sonné sur la glace, le Poitevin s’apprête à rejoindre le «kiss and cry» après un programme court indigent, entrecoupé deux chutes rédhibitoires. Une fâcheuse habitude olympique pour celui qui, en quelques minutes, a anéanti ses rêves de médaille (18e place). «C’est une paralysie, déplore Laurent Depouilly, son coach. Au Jeux, il y a quelque chose mais on ne peut pas lui dire (à Brian Joubert). L’erreur n’est pas technique quoiqu’on en dise. Pour moi, c’est la blessure des autres Jeux qui ressurgit. Elle était toujours présente. Il revit un cauchemar.»

Dans la délégation française, on fête plutôt les heureuses surprises. Très loin des bulles, le stress olympique fait des ravages chez les leaders. Avant Brian Joubert, Pierre Vaultier, mais aussi certains biathlètes comme Sandrine Bailly, ont explosé sous la pression. «Ces JO, je ne les vis pas comme une compétition comme les autres. D'habitude, je contrôle tout comme si tout était au ralenti autour de moi. Là, ce n'était pas moi», lâche Pierre Vaultier. Archi favori du boardercroos (quatre victoires en Coupe du monde, une deuxième place en cinq épreuves) et éliminé dès les quarts, l’une des plus grandes chances de médailles d’or françaises se fait voler la vedette par
Tony Ramoin, 0 finale en Coupe du monde mais 1 médaille de bronze. «C'est un outsider. Il avait moins de pression que nous. C'est une position plus confortable.» Même regard vague pour Sandrine Bailly après sa 17e place en biathlon. «Finalement, la pression ne me réussit pas. Ca joue inconsciemment. Je suis meilleure quand on n’attend rien de moi». Avant de lâcher. «Cela ressemble fort à Turin. En pire.»

Caméras, public, encadrement, les attentes sont très fortes autour des favoris. 10.000 journalistes sont accrédités à Vancouver. Pas facile à gérer pour certains athlètes dont le sport est peu exposé. Vincent Vittoz se souvient. «A Turin je sentais vraiment qu'on m'attendait alors que la pression est ici moins forte. Je suis outsider, si ça passe tant mieux, si ça ne passe pas tant pis.» Pour vivre heureux, vivons cachés.

Pas vraiment de solution-miracle à ce problème mental qui se joue entre l’athlète et lui-même.  «C’est très difficile», souffle Cristian Dumont, directeur sportif du biathlon, sans vraiment répondre à la question. «C’est une putain de bonne question», glisse le coach de Brian Joubert quand on lui demande ce qui a cloché dans la préparation mentale de son poulain. A moins d’essayer de prendre le contre-pied, une technique maîtrisée à la perfection par l’anticonformiste Bode Miller: «
Parfois j'aimerais dire qu'aux Jeux, c'est pareil que sur d'autres courses. Mais je trouve ça moins drôle. Je suis là pour jouir de l'excitation, de l'environnement. Il y a plus de presse, de staff. Vous devez accepter le fait que tout est vraiment différent. C’est plus drôle.»


Pas facile de partager son échec. Surtout quand la délégation fête des médailles. «Dans ces périodes là, comme il y a des podiums et des gens qui réussissent, je suis plutôt du genre à garder les choses en moi. Je sais ce qu’il en est. Toute seule, je fais l’analyse», explique Sandrine Bailly

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