La joie collective des médaillés de Barcelone

Publié le par actu

L'équipe de France d'athlétisme a défilé sur les Champs-Elysées au retour de Barcelone, le 3 août 2010

 

L'équipe de France d'athlétisme a défilé sur les Champs-Elysées au retour de Barcelone, le 3 août 2010 AFP PHOTO BERTRAND GUAY

ATHLÉTISME - De retour des championnats d'Europe, les athlètes français ont découvert l'engouement qu’ils ont sucité...

Le maillot soldé de l’équipe de France de foot n’attire pas les regards. Dans la boutique d’une célèbre marque de sport sur les Champs-Elysées, un bon millier de badauds n’ont d’yeux que pour eux: les médaillés de Barcelone. «On réalise maintenant qu’on a fait quelque chose d’extraordinaire, commente Mahiedine Mekhissi, champion d’Europe du 3000m steeple. Avant, on était dans notre championnat, on ne pensait pas être aussi suivi par les Français.» Mais les honneurs rendus aux athlètes ne trompent sur l’étendue de leur performance. «Nous venons de passer 2h30 avec Nicolas Sarkozy à l’Elysée, c’est une belle reconnaissance, poursuit Mekhissi. Il nous a montré où il fait son jogging et il nous a détaillé ses temps de course. C’est pas mal à son âge.»

Cette fraîcheur, cette joie partagée habite chacun des athlètes venus saluer le public et répondre aux sollicitations médiatiques. «Moi, ça fait 15 ans que je fais de l’athlé et je n’avais jamais vu ça, témoigne Romain Barras. Ah si, j’avais vu ça en 2008, en rentrant de Pékin, quand les handballeurs champions olympiques m’avait invité à faire la fête avec eux.» Cette fois-ci, les applaudissements, les «bravo» lui sont bien destinés, à lui et aux autres. «On est bien conscient que notre performance ne vaut que parce qu’elle est collective. S’il n’y avait eu qu’une ou deux médailles, personne n’aurait été invité sur les plateaux télé», fait remarquer l’imposant champion d’Europe du décathlon.

Pas de Tahri, ni de Lemaitre

Entre athlètes, tous habillés de leur survêtement de l’équipe de France, les gestes d’affection ne manquent pas. Rires, tapes sur l’épaule, ils veulent être ensemble. A tel point que certains pestent contre les stratégies marketing des marques qui les séparent. «Bob [Tahri] et Christophe [Lemaitre] ne sont pas là parce qu’ils ont un sponsor concurrent», peste l’un d’entre eux. «A Barcelone, ça se passait tellement bien, raconte tout sourire Hind Dehiba, médaillée d’argent sur 1500m. Chaque jour, on regardait le tableau des médailles, c’était magique. Le jour de ma course, je me suis dit qu’il fallait courir devant pour faire comme les autres.»

Evidemment, chacun sait que des temps plus durs arrivent avec toutes ces belles performances à confirmer. Du coup, tous les athlètes s’accordent sur un point: profiter au maximum du moment présent. Pourtant, certains sont plus optimistes. «Pour s’entraîner, il faut trouver une source de motivation. Là, en voyant tout le bonheur qu’ils donnent aux gens, ça leur donne envie de recommencer, assure Farouk Madici, l’entraîneur de Mekhissi. Je pense que l’athlétisme français se prépare à de belles années.»

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