Jacques Chirac «conteste» sa condamnation mais ne fera pas appel

Publié le par actu

L'ex-président Jacques Chirac, condamné jeudi à 2 ans de prison avec sursis notamment pour détournement de fonds publics, a annoncé dans un communiqué qu'il ne «ferait pas appel» même si «sur le fond, il conteste catégoriquement ce jugement».

L'ex-président Jacques Chirac, condamné jeudi à 2 ans de prison avec sursis notamment pour détournement de fonds publics, a annoncé dans un communiqué qu'il ne «ferait pas appel» même si «sur le fond, il conteste catégoriquement ce jugement».
| (LP/Yann Foreix)

Jacques Chirac condamné jeudi par le tribunal correctionnel de Paris pour l'affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris à deux ans de prison avec sursis, a décidé «de ne pas faire appel», a-t-il annoncé jeudi soir dans un communiqué.
Pour autant, l'ancien président de la République (1995-2007) «conteste catégoriquement le jugement».

«Aucune faute ne saurait m'être reprochée. Pour autant, je ne ferai pas appel. Je n'ai plus hélas toutes les forces nécessaires pour mener par moi-même, face à de nouveaux juges, le combat pour la vérité.J'ai conscience aussi que ce qui est en jeu ce n'est pas seulement l'honneur d'un homme, mais la dignité de la fonction présidentielle que j'ai assumée depuis. Et je crois qu'aujourd'hui le respect de nos institutions exige que l'apaisement vienne», écrit-il.

«Je m'en remets à mes compatriotes qui savent qui je suis: un homme honnête qui n'a jamais eu d'autres exigences et d'autres combats que la cohésion entre tous les Français, la grandeur de la France et l'action pour la paix», poursuit-il dans ce communiqué que vous pouvez lire intégralement ci-dessous. .

L'ancien chef d'Etat a été reconnu coupable de «détournement de fonds publics» et «abus de confiance» dans le volet parisien de l'affaire, qui porte sur 21 emplois rémunérés par la mairie de Paris au début des années 90. Il a aussi été déclaré coupable de «prise illégale d'intérêt» dans le 2e volet, qui avait été instruit à Nanterre (Hauts-de-Seine) et qui avait été joint au volet parisien.

Me Veil : «Une décision injuste» qui «le blesse profondément»

«Jacques Chirac a décidé de ne pas interjeter appel malgré la blessure qu’il ressent et l’injustice également qu’il perçoit dans cette décision, dont il conteste totalement le fond», a commenté un de ses avocats Jean Veil sur la chaîne BFMTV. «C’est quelqu’un d’extraordinairement pudique et qui ne se plaint pas [...] cette affaire le blesse et il garde cette blessure pour lui ». «Il a du mal à comprendre que des juges aient pu rentrer en voie de condamnation à son encontre alors qu’il a le sentiment d’avoir toujours servi les Parisiens et les Parisiennes du mieux qu’il pouvait pendant les dix-huit années qu’il a passées à la mairie de Paris», poursuit le conseil de l'ancien président de la République. «Il conteste avoir commis quoique ce soit d’irrégulier, poursuit l'avocat qui commente :« Aujourd’hui c’est la mairie [de Paris] qui a fait une bonne affaire avec la transaction qui est intervenue ».

Eva Joly, «une piètre juriste»

Interrogé sur l’état de santé de son client, Me Veil a déclaré : «Je ne suis pas son médecin [...]. Je pense que les Français le voient à la télévision parfois, en photo d’autres fois, je pense que nous pouvons le laisser tranquille puisque lui-même a considéré que cette affaire devait être terminée». «Autant un certain nombre d’éléments peuvent lui manquer dans ses souvenirs, autant il conserve une lucidité sur la politique qui est extraordinairement précise », a-t-il poursuivi.
Quant aux propos d’Eva Joly qui demandait à Chirac de démissionner du Conseil constitutionnel, Jean Veil a rétorqué : «Une fois de plus Eva Joly s’illustre comme un juriste assez piètre (...). Lorsque l’on a été président de la République on est membre à vie». «On ne peut pas démissionner d’une fonction dont on est membre à vie», insiste-t-il.

Le communiqué de Jacques Chirac

«Je prends acte du jugement du tribunal de Paris. Je me réjouis, comme je l'avais toujours demandé, que mes collaborateurs de l'époque ne soient pas pénalement sanctionnés.
J'étais le maire. C'est à moi et à moi seul d'assumer.
Mais, sur le fond, je conteste catégoriquement ce jugement.
Sur près de 470 emplois examinés, il n'en reste, après des années de procédure, que 19 qui me sont imputés et encore partiellement.
Surtout, je l'affirme avec honneur : aucune faute ne saurait m'être reprochée.
Pour autant, je ne ferai pas appel.
Je n'ai plus hélas toutes les forces nécessaires pour mener par moi-même, face à de nouveaux juges, le combat pour la vérité.
J'ai conscience aussi que ce qui est en jeu ce n'est pas seulement l'honneur d'un homme, mais la dignité de la fonction présidentielle que j'ai assumée depuis. Et je crois qu'aujourd'hui le respect de nos institutions exige que l'apaisement vienne.
Je m'en remets au jugement des Parisiennes et des Parisiens qui, par trois fois, m'ont choisi pour être leur maire.
Je m'en remets à mes compatriotes qui savent qui je suis: un homme honnête qui n'a jamais eu d'autres exigences et d'autres combats que la cohésion entre tous les Français, la grandeur de la France et l'action pour la paix.
Par-delà la blessure et la tristesse profonde que m'inflige ce jugement, c'est cette exigence, qu'une dernière fois, je veux porter».










 

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