Ils menacent de faire sauter leur usine: "Si personne ne s'occupe de nous, on va faire parler de nous"

Publié le par actu

  • Les salariés de l'usine Sodimatex dénoncent un plan social injuste et veulent obtenir de meilleures conditions de leur employeur.

L'usine Sodimatex de Crépy-en-Valois, occupée par les salariés qui menacent de la faire sauter
L'usine Sodimatex de Crépy-en-Valois, occupée par les salariés qui menacent de la faire sauter
MAXPPP

Situation explosive à l'usine Sodimatex de Crépy-en-Valois. Sodimatex, un fabricant de moquette pour voiture, va fermer le site. Les 92 employés sur le carreau se sont vus proposer des indemnités et des reclassements. Insuffisants, disent-ils. "On me propose 900 euros par année d'ancienneté et un congé de reclassement de 4 mois", explique Eric Lemoine, salarié de l'entreprise depuis 13 ans au Parisien-Aujourd'hui en France. "Le groupe Trèves, auquel nous appartenons, a obtenu 55 millions d'aides du gouvernement au titre du soutien aux équipementiers automobiles l'an dernier..."

"On m'a proposé d'aller travailler en Tunisie pour 130 euros brut par mois, ce que je gagne en 2 jours de travail ici, dénonce Jean-Jacques sur RTL.
On me prend pour qui quand on me propose ça?"

Pour protester, ils ont d'abord voulu bloquer un rond-point de la ville. Rapidement chassés par des gendarmes lourdement équipés, le ton a monté et les salariés se sont retranchés dans leur usine. Avec une menace: s'ils n'obtiennent pas ce qu'ils veulent, ils font tout sauter. Une citerne qui se situe devant l'usine peut se transformer en bombe en 5 minutes, explique Julio sur RTL: "Il y a 5000 litres de gaz dans la citerne, je vous garantis qu'elle explosera. Toute l'usine et les environs sauteront."

"Si personne ne s'occupe de nous, on va faire parler de nous. Et pour longtemps car on va tout faire sauter" s'écrie Patrick, sur RMC.

Ce qu'ils demandent: un meilleur
plan social, avec des indemnités plus conséquentes et des perspectives de reclassement.

"Ces salariés ont plus de 40 ans, avec bien souvent 15 ans d'expérience dans l'entreprise et une formation pour un seul métier, fait remarquer l'avocate du comité d'entreprise, Me Caroline Substelny sur France Info.
Il y a fort à craindre qu'ils ne retrouvent pas d'emploi avant un long moment. Si aujourd'hui, le groupe ne prend pas ses responsabilités, il faut qu'ils fassent avec les moyens dont ils disposent. Je peux le concevoir. Eux ont toujours été présents pour l'entreprise, il faut que l'entreprise soit présente pour les accompagner au mieux."

Une réunion entre syndicats et direction va avoir lieu ce vendredi à la préfecture. Les "Contis", les ex-salariés de l'usine Continental de Clairoix toute proche, sont venus apporter leur soutien aux salariés en souffrance.

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