Gendarmes caillassés et voitures brûlées à Woippy

Publié le par actu

Violences à Woippy après une marche en hommage à trois jeunes accidentés (20 janvier 2010)

Violences à Woippy après une marche en hommage à trois jeunes accidentés (20 janvier 2010)

La marche en hommage à trois jeunes victimes d'un accident de scooter lors d'une course-poursuite avec la police municipale a été suivie d'incidents mercredi soir à Woippy. Vers 21 heures, des gendarmes mobiles, en position devant un commissariat de cette commune de 15.000 habitants située en bordure de Metz, ont été caillassés et ont répliqué en tirant des grenades. Au moins quatre voitures et un autobus ont été incendiés, une école et des cabines téléphoniques ont été saccagées ; la violence n'a pris fin que vers 23 heures lorsque les forces de l'ordre ont dispersé avec des chiens les attroupements qui s'étaient formés dans le quartier du Roi, l'une des 22 zones urbaines sensibles de la Moselle. Cette dispersion a duré une vingtaine de minutes dans un quartier sans éclairage public et dont de nombreux habitants étaient aux fenêtres.

  • Peu auparavant, environ 200 personnes s'étaient recueillies en silence à l'endroit où, la nuit précédente, trois jeunes d'une vingtaine d'années, fuyant la police municipale, avaient été projetés avec une extrême violence sur la chaussée après un virage manqué. L'un d'entre eux, Malek Saouchi, 19 ans, de Woippy, est mort sur le coup, la boîte crânienne enfoncée. Les deux autres, Nabil Boufia, 19 ans, de Metz, et Joshua Koch, 20 ans, de Woippy, se trouvent toujours dans un état critique au CHU de Nancy-Brabois. Sur une banderole blanche sommairement accrochée à une clôture, on pouvait lire "Hommage à Malek, espoir pour Joshua et Nabil" tandis que plusieurs bouquets jonchaient le trottoir où des cierges avaient été allumés sous le grésil.

"Sans casque, sans papiers et à une vitesse excessive"

Selon le procureur les trois jeunes gens, "connus des services de police", roulaient "sans casque, sans papiers et à une vitesse excessive" sur le scooter "qui était non éclairé et qui, comme cela devait être déterminé plus tard, était signalé volé depuis décembre. Les policiers - qui ont été placés en garde à vue pour les nécessités de l'enquête - ont entamé le suivi du scooter qui a pris la fuite en empruntant un sens interdit, dans un secteur non couvert par une vidéo-surveillance". Selon le procureur, qui a refusé d'employer le terme de "poursuite" devant les journalistes, "après le début de ce "suivi", les passagers du deux-roues ont perdu le contrôle de leur machine dans un virage. Ils ont percuté le trottoir", ainsi qu'un lampadaire.

"Il n'y a pas eu de choc entre le scooter et la voiture de police", a également pris soin de souligner le procureur, ajoutant que "l'état des deux véhicules, qui ont été saisis pour être expertisés, semble corroborer cette version". Et selon François Grosdidier, député-maire (UMP) de Woippy, "les policiers ont respecté les consignes qui leur avaient été données pour ce type d'intervention". Pour le Syndicat national des policiers municipaux (SNPM-CFTC), les policiers "ont agi avec un professionnalisme et un sang-froid exemplaires". Dans une lettre adressée à François Grosdidier, le SNPM a prévenu que ces fonctionnaires ne sauraient "se retrouver au banc des accusés pour avoir fait leur travail".

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