Fabien Saguez: «Un concours géré par des touristes régionaux»

Publié le par actu

Le spécialiste français du combiné nordique, Jason Lamy-Chappuis, lors du concours sur grand tremplin des Jeux Olympiques de Vancouver, le 25 février 2010
Le spécialiste français du combiné nordique, Jason Lamy-Chappuis, lors du concours sur grand tremplin des Jeux Olympiques de Vancouver, le 25 février 2010/SIPA

INTERVIEW - Le DTN du ski français est scandalisé par le scénario du concours de saut du combiné, qui a privé Lamy-Chappuis de médaille...



Inutile de chercher les noms des leaders de la Coupe du monde de combiné nordique aux premières places du classement des Jeux (sur l’épreuve du grand tremplin). Jason Lamy-Chappuis et ses principaux rivaux squattent les places d’honneur, très loin du nouveau champion olympique, l’Américain Bill Demong. La faute à un concours de saut faussé par des conditions météorologiques. Ce qui fait enrager Fabien Saguez, le DTN du ski français, révolté vis-à-vis de la fédération internationale…

Qui est responsable de la polémique du concours de saut?

LA FIS, la fédération internationale de ski. Dans toute sa splendeur. Des règlements flous, rien de tenu, des directeurs de courses qui ne sont pas des professionnels. Pour moi, ce sont des petits touristes régionaux, incapables de gérer un concours et pour qui la seule satisfaction est d’avoir réussi un concours qui n’en est pas un.

Est-ce que la FIS n’a pas reçu des pressions?

Il n’y avait aucune pression. On s’est bien renseignés. A priori, il n’y avait pas de pression de la télé. Il reste trois jours dans ces Jeux. On aurait très bien pu sauter demain (vendredi). Il y avait simplement de l’incompétence de gens qui ne savent pas tenir leur système. C’est comme ça. Les six meilleurs du monde sont très loin du podium.

Vous semblez crier au scandale…

Mais c’en est un de scandale! C’est inadmissible. Je comparerais la fédération internationale à une République bananière. On décide, on fait, je suis le jury et une fois que c’est fait on est content. On a organisé une compétition qui n’est pas équitable. Ce n’est pas notre conception des Jeux Olympiques. On ne prépare pas les Jeux pour exister une fois tous les quatre ans et se faire voler. Alors on ne sait pas si on aurait fait la médaille. Mais qu’on nous lasse la possibilité de le faire.

On vous sent encore plus remonté que les athlètes…

Forcément, ce sont des puristes. Nos athlètes sont bons dans le comportement. Ils sont bons sur la piste. Mais quand vous voyez ça de l’extérieur et que vous vous battez en permanence pour x choses avec la FIS, en commençant pas hier… Quand une nation se pointe avec deux paires de skis au départ alors que le règlement en dit "une", je n’appelle pas ça tenir son système. Il n’y a plus de contrôle à la FIS.

Que pouvez-vous faire aujourd’hui?

Prendre acte, hurler pendant les réunions et être agressif en permanence. Il n’y a que ça qui marche, malheureusement. Au bout d’un moment, ça fait lâcher un système et ça permet de le faire évoluer.

Les choses se sont-elles passées de cette manière parce qu’on est aux Jeux?
Vraisemblablement oui. Parce qu’il y a une certaine pression ambiante. En Coupe du monde, ce sont les équipes qui ont le pouvoir. Mais là, il y a quand même la pression de faire les choses le jour J, parce qu’il y a x médias sur place. Pourtant, il reste trois jours de compétition. Pourquoi n’a-t-on pas fait le concours demain? Il faut me l’expliquer. Je ne sais pas. Mis à part l’incompétence, et la présence de gens qui n’ont rien à faire là, je ne sais pas.

On ne vous a pas donné d’explication?
Ah non, mais je vais vous dire quelque chose de pire. Le directeur course du combiné nordique a été félicité ironiquement pour le concours de saut. Il a répondu "oui je suis content, on a fait un bon concours". Ça vous donne l’esprit.

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