Coupe de l'America: Deux milliardaires dans le bac à sable

Publié le par actu

La 33e Coupe de l'America


La 33e Coupe de l'America/Montage/Reuters

VOILE - Larry Ellison et Ernesto Bertarelli aiment probablement autant la voile qu'ils se détestent l'un l'autre...

Lundi, deux monstres des mers s'affronteront sur les eaux de Valence pour la 33e Coupe de l'America. USA BMW Oracle vs Alinghi 5. Larry Ellison vs Ernesto Bertarelli. Au meilleur des trois manches, ils régleront sur l'eau plus de trois ans de bataille juridique et de déclarations houleuses, souvent par porte-parole interposés.
 
D'un côté, Larry Ellison, patron et fondateur d'Oracle. Fortune personnelle: entre 20 et 25 milliards de dollars. De l'autre, Ernesto Bertarelli, qui a développé puis vendu à Merck le laboratoire pharmaceutique familial. Fortune personnelle? Environ 8 milliards de dollars. Tous les deux sont passionnés de voile. Tous les deux ont dépensé sans compter -mais sauf surprise ne seront pas sur le pont lundi.

Tom Ehmans, porte-parole de BMW/Oracle, estime qu'environ 130 millions de dollars ont été investis au total dans le projet, «en immense majorité grâce à l'argent de Larry». Selon lui , le budget est «similaire» en face.
 
«Au tribunal plutôt que sur l'eau»
 
Jamais l'organisation d'une Coupe de l'America n'aura été aussi laborieuse. La Cour suprême de New York, arbitre ultime dans une compétition dont les seules règles sont celles vaguement fixées par les quatre pages du Deed of Gift de 1852, aura été saisie plus d'une dizaine de fois, le plus souvent par l'équipe américaine.

Selon Tom Ehmans, rencontré sur la base de San Diego en novembre dernier, la Société nautique de Genève /Alinghi ont «tout fait pour garder la main sur une organisation l'avantageant». Il explique en substance que Larry Ellison a été forcé de se poser en sauveur de la compétition. Ce qui fait sourire le porte-parole d'Alinghi Paco Latorre. «Les Américains n'avaient aucun problème pendant les 100 ans où ils ont remporté le trophée et supervisé l'organisation», raille-t-il.
 
Pour Paco Latorre, «Larry Ellison essaie sans succès depuis 2003 de se qualifier en finale de la Coupe de l'America. Cette fois, pour parvenir à ses fins, il a écarté tous ses compétiteurs au tribunal plutôt que sur l'eau.»
 
Des voiliers ou des avions?
 
De cette lutte sont nés deux géants des mers, deux multi-coques de 90 pieds (un catamaran pour Alinghi, un trimaran pour BMW/Oracle). A coup de millions, Larry Ellison et Ernesto Bertarelli se sont lancés dans une course technologique. Vu la taille des bateaux, Alinghi a installé un moteur remplaçant les gros bras des Winchers pour tirer sur les voiles. BMW/Oracle a contesté, mais finit par faire pareil. Puis par installer début novembre une «aile», une voile rigide révolutionnaire qui, selon l'équipe suisse, «viole» l'esprit du Deed of Gift.
 
La lutte ne s'arrête pas là. En 2003, le génie néo-zélandais Russel Coutts remporte la Coupe de l'America avec Alinghi, avant de se faire virer par Ernesto Bertarelli. Larry Ellison n'a pas laissé passé l'occasion et en a aujourd'hui fait son capitaine. Le gant est jeté.

Publié dans actualité sportive

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