Côte d'Ivoire : la France "en alerte" pour ses expatriés

Publié le par actu

Alors que la Côte d'Ivoire attend, dans un climat de tension, les résultats de la présidentielle, Michèle Alliot-Marie se veut rassurante pour les Français présents dans le pays. "Il n'y a pas de menace directe", juge-t-elle. Pour autant, "nous sommes en alerte".

 
Les deux candidats à la présidentielle ivoirienne, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, se serrent la main à Abdijan, le 27 novembre 2010.Les deux candidats à la présidentielle ivoirienne, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, se serrent la main à Abdijan, le 27 novembre 2010. © AFP/ I. SANOGO

La commission électorale ivoirienne n'a toujours pas annoncé, contrairement aux attentes, les premiers résultats du second tour de l'élection présidentielle de dimanche et des soldats ont été déployés autour du bâtiment qui l'abrite à Abidjan. Selon l'opposition, c'est le président sortant Laurent Gbagbo qui bloque l'annonce de ces résultats car il sait qu'il a été battu par son rival Alassane Ouattara. Les journalistes qui étaient présents mardi dans l'enceinte de la Commission électorale indépendante ont été priés de quitter les lieux. Les partisans de Laurent Gbagbo ont pour leur part annoncé qu'ils allaient demander l'annulation du scrutin dans le nord du pays, fief d'Alassane Ouattara et des anciens rebelles des Forces nouvelles qui auraient empêché les électeurs favorables au président sortant d'aller voter. Les anciens rebelles ont rejeté ces accusations et l'armée ivoirienne a entamé le transfert à Abidjan des 2000 hommes qui avaient été déployés en renfort dans le Nord pour le second tour. Les fidèles d'Alassane Ouattara se sont plaints quant à eux d'irrégularités dans l'ouest du pays, un bastion de Laurent Gbagbo, mais n'ont pas dit s'ils déposeraient plainte.

 

 

 

La tension monte. Six fois repoussée depuis la fin du mandat de Gbagbo en 2005, l'élection est censée clore une décennie de crises politico-militaires et la partition du pays depuis 2002 entre un sud loyaliste et un nord tenu par l'ex-rébellion des Forces nouvelles. D'où la crainte de violences toujours possibles. Des coups de feu ont ainsi retenti mardi soir dans le centre d'Abidjan, sans que l'on sache qui avait tiré. Dans un tel contexte, que devraient faire les expatriés français ? Interrogée sur leur cas, Michèle Alliot-Marie a affirmé mercredi qu'il n'y avait pas de raison d'être inquiet. "Il n'y a pas de menace directe qui pèse sur eux", a-t-elle déclaré à la radio Europe 1 qui l'interrogeait sur la vive tension en Côte d'Ivoire dans l'attente de la proclamation des résultats. Pour autant, "nous sommes en alerte et s'il y avait le moindre risque, nous sommes en état, par le biais de l'ambassade et aussi par le biais des forces françaises qui se trouvent à proximité dans le cadre de l'Onu, d'intervenir pour protéger les personnes", a ajouté la ministre des Affaires étrangères. "J'espère que la Côte d'Ivoire, qui a toujours été un modèle de démocratie en Afrique, permettra de conserver, voire de relancer cette image avec un calme entourant les résultats qui seront proclamés".

Quelques cas isolés de violence, selon l'ONU

Le représentant spécial de l'ONU en Côte d'Ivoire a jugé que le scrutin de dimanche s'était "globalement déroulé dans un contexte démocratique". La mission d'observation de l'Union européenne a estimé que le processus électoral s'était en général correctement déroulé, malgré quelques cas isolés de violence et d'intimidation. "L'un dans l'autre, ça s'est bien passé même s'il y a eu certainement quelques cas d'irrégularités, d'intimidations", a dit Cristian Dan Preda, le chef de la mission européenne qui a pu visiter environ 5% des bureaux de vote. Selon les observateurs, la participation a été de 65-70%, inférieure à celle du premier tour le 31 octobre qui avait dépassé les 80%.

A Washington, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a invité "les dirigeants ivoiriens à se comporter de façon responsable et pacifique". "Nous exhortons vivement les candidats à faire en sorte que le décompte et l'annonce des résultats puissent intervenir sans ingérence ainsi qu'à respecter les résultats qui seront annoncés", a-t-elle dit dans une déclaration. 

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