Bernard Kouchner : «Les Afghans doivent s'entendre !»

Publié le par actu

Bernard Kouchner, dimanche, à Kaboul.

Bernard Kouchner, dimanche, à Kaboul. Crédits photo : AP

INTERVIEW - Le ministre français des Affaires étrangères, venu à Kaboul également au nom de l'Union européenne, propose au président Karzaï et à son challenger, le Dr Abdullah, de «collaborer».

LE FIGARO. - Pourquoi avez-vous décidé de partir pour l'Afghanistan, qui n'a toujours pas réélu son président ?
Bernard KOUCHNER. - Ce voyage était prévu depuis longtemps. Il a été rendu nécessaire par le blocage de la situation politique et par le fait que le résultat de l'élection présidentielle était de plus en plus incertain et les fraudes manifestes.

Lorsque nous sommes arrivés, au nom de la France et de l'Union européenne, et que nous avons rencontré John Kerry (président de la commission des affaires étrangères du Sénat américain, NDLR), la situation était dans l'impasse : le président Karzaï refusait de reconnaître les résultats tels qu'ils semblent avoir été corrigés par la commission des plaintes.

Qu'avez-vous obtenu de concret ?
Après avoir rencontré deux fois le président Karzaï et deux fois le Dr Abdullah, ainsi que les Américains et le représentant de l'ONU, nous avons obtenu la promesse du président Karzaï de respecter les résultats quels qu'ils soient, d'accepter un programme de réformes et de collaborer avec le Dr Abdullah.

Gordon Brown a annoncé l'envoi supplémentaire de 500 soldats britanniques en Afghanistan . La France est-elle prête à envoyer des troupes supplémentaires ?

Cet effort a été fait par la France, au moment où nous avons pris en charge le district de Sarobi et la province de Kapisa, à l'est de Kaboul. Le 1er novembre, l'essentiel de nos forces sera regroupé dans cette zone de responsabilité donnée par l'Otan. Nous avons suffisamment de soldats pour accomplir notre mission. Nous n'augmenterons pas notre contingent.

En revanche, nous avons augmenté notre aide civile pour l'Afghanistan. Une très grande part de notre assistance aux populations afghanes va désormais vers cette région, qui était, jusqu'ici, restée à l'écart de l'aide internationale.

Ce qui est important, c'est de travailler aux côtés des Afghans, de leur donner confiance pour qu'ils puissent eux-mêmes reprendre leur destin militaire et économique en main. Nous ne faisons pas la guerre aux Afghans !

La France a-t-elle encore suffisamment d'influence dans le monde pour pouvoir jouer ici un rôle de premier plan ?
L'influence de la France est grande : c'est, en tout cas, ce que m'ont dit hier (dimanche) les Américains à Kaboul. Je crois que le monde entier reconnaît que la diplomatie française a reconquis toute sa place. Certes, la disproportion des moyens entre nous et l'Amérique est évidente. Nous en avons presque 4 000 soldats pour cette opération en Afghanistan, les Américains en ont 70 000.

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