Aéroports : les agents de sûreté resteront en grève à Noël

Publié le par actu

Jeudi, aéroport de Roissy. Après une journée de vendredi marquée par plusieurs heures de négociations, les grévistes sont appelés à se prononcer sur la suite du mouvement.

Jeudi, aéroport de Roissy. Après une journée de vendredi marquée par plusieurs heures de négociations, les grévistes sont appelés à se prononcer sur la suite du mouvement.
| (LP/PHILIPPE LAVIEILLE)

Pas de trêve de Noël dans les aéroports. Samedi matin, les agents de sûreté ont décidé de reconduire la grève après un vote en assemblée générale à Roissy.
Entre les salariés en colère et le Syndicat des entreprises de sûreté aérienne et aéroportuaire, le point de désaccord reste le même : les uns réclament une augmentation de 200 euros, les autres proposent une prime équivalente à un mois de salaire.
«On a fait huit jours de grève pour une prime ?! On est à côté de ce qu'on demande depuis le début», s'exaspère Danielle Danielle Hanryon, déléguée syndicale CGT
Un autre syndicaliste FO estime que les salariés sont même «pris pour des imbéciles». «Vous vous êtes bien amusés, les patrons, mais maintenant il va falloir passer à la caisse!», a-t-il lancé en pleine AG. Juste après le vote, les salariés sont allés manifester vers les différents terminaux de l'aéroport.

Vendredi, au huitième jour du mouvement, le Syndicat des entreprises de sûreté aérienne et aéroportuaire (Sesa, patronat) à Paris avait d'abord proposé aux agents une prime de 300 euros, puis une prime de 500 euros, avant finalement de porter à un mois de salaire le montant de cette prime annuelle, sous certaines conditions.   

«Il convient d'assurer la continuité du service public», estime le tribunal

Vendredi, la grève ne semblait pas perturber les terminaux 2E et 2F de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Les
80 000 passagers ce jour-là n'ont pas eu à attendre des heures pou passer les postes de filtrage. « Nous sommes en période de pointe du trafic et il faut à peine dix minutes pour passer le filtrage. C'est moins de temps que d'habitude », a assuré dans la journée Christian Lambert, le préfet de Seine-Saint-Denis. « Les services de filtrage sont assurés en mixité entre les non grévistes et les policiers et gendarmes », a-t-il expliqué.

Depuis jeudi, des policiers ont été appelés en renfort pour remplacer les grévistes. Une décision contestée par les syndicats, mais qui n'est «pas une atteinte au droit de grève», considère le tribunal administratif de Montreuil, saisi par la CFDT.
Le juge des référés fonde sa décision sur le fait que «le remplacement d'agents grévistes par des fonctionnaires de l'Etat, dont les missions sont d'assurer la sécurité des biens et des personnes, ne constitue pas une atteinte au droit de grève dans la mesure où aucune réquisition (NDLR : de personnels grévistes) n'est demandée», détaille le tribunal, jugeant qu'il «convient d'assurer la continuité du service public de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle». 

Jean-Claude Mailly (FO) évoque «un viol du droit de grève»

A gauche, le dispositif  fait grincer des dents. Et soulève l'indignation des syndicats. Le recours à la force publique pour remplacer les agents de sûreté aéroportuaire grévistes est «un viol du droit de grève», dénonce Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO sur France Info. «Je me demande si le gouvernement ne laisse pas pourrir la situation pour justifier le projet de loi sur la remise en cause du droit de grève dans les transports».

«Ceux qui veulent faire grève le peuvent», lui rétorque Thierry Mariani, ministre des Transports. Il fallait faire appel à la force publique «parce qu'on est dans une période de fêtes de famille (...) et aussi pour des raisons de sécurité», se justifie le ministre.

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