Au bout du tunnel ?

Publié le par actu

Risque d'incendie oblige, la fermeture du tunnel est obligatoire en cas d'embouteillages (photo J.-M. Thuillier)

CIRCULATION.Fermé plusieurs fois par semaine pour raison de sécurité, le tunnel de la Grand-Mare pose problème. La direction des routes a une idée pour en voir le bout…

 

Et patatras, encore fermé. Matin comme soir, le tunnel de la Grand-Mare est verrouillé à double tour aux heures de pointe. « Souvent, même très souvent », observe Sylvie Leroy-Vallée depuis sa maison située pile en face, au Mont-Gargan.
« Deux, trois voire quatre fois par semaine », estime Sandrine Rossée en connaissance de cause, cette secrétaire empruntant le tunnel tous les jours pour se rendre au travail. « Du coup, poursuit-elle, on nous fait sortir avant le tunnel, au niveau du Chapitre à
Bihorel, puis passer par les Hauts de Rouen sur des petites routes. Les gens de Bois-Guillaume, Bihorel, Saint-Martin-Du-Vivier, tout le monde se retrouve là. Ça bouchonne sérieusement. »
L'imbroglio n'a rien d'un scoop pour la direction interrégionale des routes nord-ouest (Dirno) qui ne multiplie pas les fermetures pour le plaisir. Mais pour des raisons de sécurité, la terrible catastrophe du tunnel du Mont-Blanc, en 1999, imposant depuis des règles draconiennes à tout gestionnaire de tunnel.
Pascal Gabet, de la Dirno, ne les connaît que trop bien : « Dès que les véhicules qui s'entassent pont Mathilde remontent jusqu'au tunnel, ce qui arrive régulièrement, il faut le fermer. Pas le choix : avec le risque d'incendie, une congestion dans un espace confiné est trop dangereuse. Imaginez si un camion prend feu, eh bien ce serait impossible à maîtriser. »
Pour l'heure, face à ces remontées de véhicules potentiellement explosives, la direction des routes n'a d'autre porte de sortie que de fermer le tunnel. Et de mettre en place une déviation par les Hauts de
Rouen et des petites routes inadaptées à un tel trafic. Ce qui n'est pas sans désagrément, comme ces camions détournés qui se perdent et errent dans Darnétal ou Bihorel.
« Trois ou quatre fermetures par semaine, c'est insupportable », reconnaît Pascal Gabet, qui planche avec ses services sur une solution depuis deux ans (lire ci-dessous). Aujourd'hui définie, elle sera présentée lundi prochain au préfet, aux élus de l'Agglo et des communes concernées. Son contenu : mettre le paquet sur les équipements de sécurité d'ici 2012, ce qui demandera de lourds travaux et des dizaines de millions d'euros. Avec une garantie de résultat au final ? « Le niveau de risque toléré sera plus élevé. Nous pourrons donc fermer moins souvent le tunnel », assure Pascal Gabet.
Alors rendez-vous dans trois ans.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article