Harrison Ford : «Je suis prêt pour un nouvel Indiana Jones»

Publié le par actu

 

Crédits photo : AP

INTERVIEW - De passage au Festival de Deauville, l'acteur américain le plus «bankable» révèle qu'il envisage une nouvelle aventure du célèbre archéologue-aventurier avec Steven Spielberg.

Il a une tenue sobre polo noir et costume sombre , mais des chaussettes rayées qui détonnent. À 67 ans, Harrison Ford, invité d'honneur du Festival américain de Deauville, est fait d'un drôle de mélange. Acteur ultraprofessionnel et lucide, il prend son métier d'acteur très au sérieux tout en ayant à la ville un humour décalé digne d'un Han Solo ou d'un d'Indiana Jones. Rencontre avec une star et une légende. « Non, je suis un acteur tout simplement », rectifie-t-il.

LE FIGARO. - Vous êtes un habitué du festival. Vous souvenez-vous de votre première fois à Deauville ?

Harrison FORD. - C'était il y a plus de trente ans, mais je ne me souviens plus pour quel film exactement ! Alors, tapez Wikipédia ! Mais une chose est sûre, c'est toujours un plaisir de venir ici, même si je ne connais pas bien la ville mis à part quelques restaurants ! Je sors de mon hôtel pour me rendre aux interviews, toujours en plein décalage horaire et en tentant désespérément de me réveiller !

Est-il difficile pour vous de trouver aujourd'hui de bons scénarios ?

Il y a à la fois l'effet de la crise mais ne me demandez surtout pas de faire une analyse de l'industrie, j'en suis incapable, je ne suis pas un économiste ! et mon âge. Je travaille nettement moins qu'avant. Je suis très lucide. À 67 ans, j'ai beaucoup moins d'opportunités que lorsque j'avais 45 ans. Mais ce n'est pas un problème, je suis relativement heureux.

Alors que faites-vous quand vous ne travaillez pas ?

Je fais la vaisselle…

Non !

(toujours avec autant de sérieux) Et aussi le dîner. Le matin, je prépare mon fils de 8 ans qui doit aller à l'école (l'enfant de sa compagne, Calista Flockhart, NDLR) et je passe du temps dans les airs à piloter mes avions. Vous voyez je fais la même chose que tout le monde ! Mes enfants ont entre 8 et 42 ans et je suis aussi un grand-père.

À vos débuts, c'est votre rencontre avec George Lucas qui a été déterminante, non ?

C'est juste. J'ai eu la chance de travailler avec George sur American Graffiti. Et ensuite, c'est grâce au succès de Star Wars que j'ai pu continuer à faire le métier d'acteur que j'avais dû mettre entre parenthèses. Pour subvenir à mes besoins, j'ai été charpentier pendant douze ans. Mais ce n'est pas ce réalisateur visionnaire qui a défini ma carrière. J'ai toujours fait consciemment et constamment l'effort de ne jamais me laisser enfermer dans un seul type de personnage ou un seul genre de film.

Vous avez à votre palmarès très peu de rôles de méchants. Pourquoi ?

Parce qu'il y en a vraiment peu qui m'ont été proposés et qui étaient intéressants !

Quels étaient les rêves du jeune Harrison ?

Je n'aspirais pas à devenir acteur. Je n'avais d'ailleurs aucune idée de ce que j'allais faire plus tard. J'avais la vague envie d'être garde forestier dans un parc naturel. C'est lorsque je me suis mis à faire du théâtre au lycée que j'ai imaginé que c'était le moyen de mener une existence bohème sans avoir un véritable travail. Mais j'ai évidemment fini par comprendre que c'était un vrai job, à temps complet ! Je garde toujours ce plaisir intact : on ne refait jamais la même chose, on rencontre des gens toujours différents et les défis sont multiples.

Étiez-vous ambitieux alors et l'êtes-vous encore ?

Pas de manière générale mais de façon très spécifique. Mon but est de fabriquer et de donner le meilleur. Ambitieux oui, dans ma recherche de la perfection. Perfection à travers chaque ligne du scénario, chaque scène tournée, chaque note de la partition. En un mot, je veux être toujours au top.

Pourquoi n'êtes-vous jamais passé de l'autre côté de la caméra ?

Parce que c'est trop dur, trop long et que cela ne paye pas suffisamment ! J'exprime cela sous la forme d'une blague mais chaque mot est vrai. Être un bon cinéaste est le métier le plus difficile du monde. Je ne suis pas assez patient. Et puis je ne veux pas être le boss.

À l'époque du tournage de « Blade Runner », vous aviez eu de nombreuses tensions avec Ridley Scott. D'une mésentente avec un réalisateur peut donc naître un film culte ?

Ma relation avec Ridley n'a pas été aussi catastrophique qu'on l'a dit. Et nous ne nous sommes pas brouillés. C'est devenu une légende. Je ne nie pas les désaccords et les disputes vigoureuses avec Ridley mais j'ai toujours admiré son intelligence, sa façon de filmer. Les complications dans le processus créatif ne définissent pas l'expérience.

Vous avez marqué de votre empreinte le cinéma américain avec les grandes sagas «Star Wars» et «Indiana Jones». Vous êtes une légende en même temps qu'une star ?

Non, je suis un acteur tout simplement qui se met au service d'une histoire. Et je n'appartiens pas à un business de légende et encore moins à un «star business».

Comment envisagez-vous l'avenir? Aux fourneaux et à la maison ou sur un plateau de cinéma?

Je jouerai aussi longtemps que les gens auront envie de moi et qu'on aura la patience de me diriger ! Et cela ne me gêne pas de jouer le rôle d'un vieil homme plutôt que celui du jeune homme ! J'en suis même ravi. Il y a de nombreux exemples d'acteurs qui ont continué à travailler jusqu'à leur dernier souffle… Et c'est mon ambition du moment.

Alors, à 67 ans, quels sont vos projets ?

L'idée d'un nouvel « Indiana Jones » est en train de prendre forme. Steven Spielberg, George Lucas et moi-même sommes tombés d'accord sur ce que devra être ce cinquième volet. George y travaille activement. Si le scénario est bon, je serai très heureux de rendosser le costume de l'archéologue-aventurier.

Et vous en attendant en « Indy », dans quels films vous verra-t-on prochainement ?

The Crowley Project de Tom Vaughan est en postproduction. Il m'a fallu cinq ans pour développer le sujet. Le scénario, très émouvant, s'inspire d'une histoire vraie, celle de John Crowley, un jeune père de famille dont les deux enfants souffrent d'une maladie génétique. Il va abandonner son travail pour s'occuper des siens. J'interprète le scientifique qui a cherché un médicament permettant de les sauver. Et puis, on pourra voir l'année prochaine, Morning Glory de Roger Mitchell, une comédie merveilleusement bien écrite par l'auteur du Diable s'habille en Prada. J'incarne, aux côtés de Diane Keaton, un présentateur télé qui, après avoir été viré, va devoir reprendre du service dans une émission qu'il trouve humiliante !

Publié dans actualité culturelle

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