L'interview du jour:Pécresse : «Parler des listes régionales est déplacé

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LE FIGARO.  - Le lancement officiel de votre campagne a lieu le 13 septembre, sept mois avant les élections. N'est-ce pas trop tôt ?
Valérie PÉCRESSE.  - En vérité, cette campagne a commencé depuis un an déjà, avec les primaires au sein de l'UMP. Mais sept mois, je vous l'assure, ce n'est pas trop long. Jusqu'à Noël, nous serons dans la définition du projet. C'est un temps de maturation essentiel, au cours duquel je vais rencontrer les Franciliens et organiser avec eux de grands débats sur les transports, la crise économique, l'ascenseur social, le logement, l'écologie… Ensuite, à partir de janvier, viendra le temps de la confrontation projet contre projet et de la constitution des listes.

Roger Karoutchi revendique la tête de liste dans les Hauts-de-Seine alors que Chantal Jouanno dit aussi être disponible. À Paris, Brigitte Kuster, maire du XVIIe, affirme faire consensus… N'est-ce pas un peu chaotique ?
Évoquer les candidatures aujourd'hui, c'est totalement prématuré et je dirais même déplacé. Ce n'est certainement pas ce que demandent et attendent les Franciliens. J'ai annoncé clairement mon calendrier : les idées d'abord, les candidatures après.

Roger Karoutchi affirme qu'il y a un accord avec vous. Qu'en est-il ?
Roger et moi, à l'issue de la primaire, avons pris la décision de faire cette campagne ensemble. Et je vous confirme qu'il aura toute sa place dans cette campagne. Ce n'est pas un engagement pris à la légère. Mais je redis qu'il est prématuré d'évoquer les listes.

Le Nouveau Centre a l'intention de conduire une liste en Ile-de-France. Le regrettez-vous ?
Je souhaite une alliance la plus large possible de tous ceux qui se retrouvent dans notre projet pour l'Ile-de-France. Une alliance dès le premier tour serait une grande force pour nous face à une gauche divisée entre le PS et les Verts, qui n'assument pas leur bilan commun. Je suis prête à m'investir pour que cette alliance puisse naître.

Et le MoDem ?
J'ai eu le sentiment que le MoDem fermait la porte en bifurquant vers la gauche. De mon côté, je ne ferme aucune porte. Le jour venu, je souhaite m'entourer des meilleurs talents en Ile-de-France. Ils vont se révéler ces trois prochains mois.

Quelle impulsion voulez-vous donner le 13 septembre ?
Il est essentiel que la région capitale soit mise en mouvement. C'est une région emblématique au vu des enjeux économiques, culturels, de mixité sociale… L'Ile-de-France est une belle endormie qui doit devenir ce qu'elle mérite d'être. Il est symptomatique que le président de la République ait été obligé de nommer un ministre chargé de cette région, Christian Blanc, pour pallier l'absence de vision du président PS Jean-Paul Huchon.

Soutenez-vous les propositions sur le Grand Paris du député UMP du Val-de-Marne, Gilles Carrez, qui préconise de nouvelles taxes pour financer ce projet présidentiel ?
Ce rapport ne sera rendu public que fin septembre. D'ici là, Gilles Carrez poursuit son travail. Le projet du Grand Paris n'est pas bouclé. Il sera enrichi par notre campagne.

Si vous êtes élue, quitterez-vous le gouvernement ?
Si je suis élue, je démissionnerai. Je sais que le président de la République partage ce souhait. Être président de la région Ile-de-France n'est pas compatible avec une activité gouvernementale. D'ici là, il y aura une vraie césure entre mon activité au ministère et la campagne, en soirée et les week-ends. Je serai pleinement ministre. C'est une discipline de fer à laquelle je m'engage. Ensuite, ce sera au président de la République de décider si la conduite des deux agendas est compatible. Je n'exclus rien mais la décision ne m'appartient pas.

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