Le Havre: 2 bébés meurent à l'hôpital: "Nous n'envisageons absolument pas d'homicide volontaire"

Publié le par actu

Sur vive l'information, le directeur général adjoint de l'hôpital du Havre fait le point après la suspension d'une infirmière.

Médecin et infirmière dans un bloc opératoire à l'hôpital (photo d'illustration).
Médecin et infirmière dans un bloc opératoire à l'hôpital (photo d'illustration).
© Owen Franken/Corbis/Owen Franken

"L'infirmière est très choquée", confie au Post.fr le directeur général adjoint de l'hôpital du Havre.

Alors qu'elle travaillait au service réanimation, deux prématurés sont morts presque en même temps. C'était le 6 août.

"Ils sont morts entre 8h15 et 8h30, à quelques minutes d'écart", précise François Gauthiez.

Depuis, l'infirmière a été suspendue. Une enquête est en cours.

Sur Le Post, François Gauthiez, le directeur général adjoint de l'hôpital du Havre souligne qu'il n'envisage pas d'homicide volontaire.

Pourquoi l'infirmière a-t-elle été suspendue ?
"Elle a été suspendue à titre conservatoire, pour la préserver elle, mais aussi le service, et permettre à l'enquête de se dérouler sereinement."

Envisagez-vous un homicide volontaire ?
"Absolument pas. D'après notre recherche interne, il s'agirait malheureusement d'un geste inapproprié. Il n'y a aucune suspicion de malveillance."

Comment va-t-elle ?
"Elle ne va pas très bien... Elle est accompagnée par un psychologue du travail. Nous suivons de près son évolution. Elle va passer une épreuve difficile dans le processus judiciaire."

Y a-t-il des liens établis entre les décès ?
"C'est à l'enquête de le confirmer. La simultanéité de la dégradation et des temps de décès peut amener à s'interroger. Il y a des points communs entre les deux processus de décès, mais je ne peux vous en dire plus."


Le directeur général adjoint de l'hôpital tient aussi à rappeler quelques points.

1. Des risques de décès élevés pour ces grands prématurés

"Les bébés sont nés à 25 semaines, ce qui est l'extrême limite de vitalité. Dans ce cas, nous avertissons les familles que les risques de décès sont élevés, et qu'en cas de survie, les risques de séquelles sont assez forts. Quand on enfant grand
prématuré décède, ce n'est malheureusement pas exceptionnel."

2. Pourquoi ces morts simultanées sont intrigantes

"Les médecins ont été interpellés par plusieurs points : les bébés sont morts à peu près à la même heure ; ils ont eu des résultats qui sont aberrants pour l'un, ininterprétables pour l'autre. Ce qui leur a fait penser que quelque chose avait cloché. L'enquête de nos médecins a abouti à la conclusion que ce n'était pas un décès naturel. Il y a des causes accidentelles."

3. Comment ont réagi les familles

"Elles ont eu une grande dignité. Elles n'ont pas de revendication vis-à-vis de l'hôpital. Elles ont dit qu'elles gardaient une image positive de l'hôpital."

"Les familles nous ont demandé de ne pas être mêlées à une affaire qui prendrait des proportions médiatiques importantes. Elles veulent garder l'anonymat. Nous avons attendu qu'elles inhument leurs enfants pour communiquer."

4. Trois enquêtes pour comprendre

"En parallèle de l'enquête judiciaire, il y a eu une enquête de l'ARH, l'Agence régionale de l'hospitalisation, pour analyser le fonctionnement du service. Cette enquête est terminée. Le ministère de la
Santé a demandé une enquête de l'IGAS, l'Inspection générale des affaires sociales. On attend de savoir quand elle viendra dans l'établissement."

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