ENQUETE. Le conducteur du bus qui s'est encastré sous une trémie à Rouen doit à nouveau être entendu : les analyses toxicologiques se sont révélées positives

Publié le par actu


Le bus haut de 3,80 mètres s'est engagé sur une voie interdite aux véhicules de plus de 2,60 mètres (photo Christian Carlat )

 

Le test salivaire auquel la police a soumis le chauffeur du car qui s'est engouffré sous une trémie le 15 juillet dernier à Rouen et fait douze blessés était pourtant négatif. Plus de quinze jours après ce test, le résultat des analyses toxicologiques sur lesquelles les experts du Havre se sont penchés est tombé. Les examens révèlent une consommation de cannabis.
Que signifie ce rebondissement ? « Que le conducteur du bus a fumé du cannabis : soit la veille, soit un mois avant, ou plus. Une chose est sûre : il en a consommé », confie une source proche du dossier. Les analyses toxicologiques permettent en effet de révéler la présence de drogues très longtemps - plusieurs mois - après leur prise. Sachant que les tests salivaires sont fiables jusqu'à douze heures après la prise de cannabis, le premier examen subi par cet employé de la société Véolia juste après l'accident n'est pas en cause.

Douze blessés dont un grave
Que risque le chauffeur de plus que les deux ans de prison qu'il encourt déjà pour « blessures involontaires par manquement à une obligation de sécurité » ? « Des réquisitions ont été prises en début de semaine par le parquet auprès du juge d'instruction pour une mise en examen supplétive : il s'agit d'un manquement délibéré à une obligation de sécurité. Sa situation s'est aggravée ! », souligne l'adjoint au procureur de la République de
Rouen, Christian Dreux.
Les faits sont survenus mercredi 15 juillet au matin, face à la maison d'arrêt Bonne-Nouvelle à
Rouen, sur l'axe qui relie le boulevard de l'Europe à la rocade Sud III. Le car transportait ce jour-là douze enfants et deux accompagnatrices d'un centre aéré. « Le chauffeur a expliqué qu'il connaissait bien cette route qu'il empruntait souvent avec son véhicule personnel. Il dit avoir eu un moment d'inattention. Il n'a pas vu les panneaux… » Le bus, haut de 3,80 mètres, s'est engagé dans cette voie pourtant interdite aux véhicules de plus de 2,6 m, et à assez vive allure pour qu'environ les deux tiers de son toit soient arrachés.
Alertés, les secours sont rapidement intervenus. Le conducteur a subi un contrôle d'alcoolémie et un test salivaire - négatifs - lors de sa garde à vue. Légèrement blessés, mais surtout très choqués, les douze enfants ont été transportés au centre hospitalier universitaire. « Ils en étaient tous ressortis le lendemain. Parmi les victimes, une seule a été grièvement touchée : une accompagnatrice », indique une source judiciaire. Souffrant d'un traumatisme crânien avec perte de connaissance et de plusieurs fractures, cette femme s'est fait délivrer par les médecins un arrêt de travail d'un mois minimum
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