Course du figaro:Tir groupé dans la boucaille

Publié le par actu

Dans le golfe de Gascogne, la course poursuite continue pour les 52 solitaires qui évoluent en formation, à 175 milles de SN1, la prochaine marque de parcours à virer à l’embouchure de la Loire. Dans une atmosphère humide et grisâtre, les bateaux filent au bon plein à 7/8 nœuds de moyenne. Après Laurent Pellecuer et Charles Caudrelier Benac, Jérémie Beyou est le nouveau leader d’un tir groupé composé d’une quinzaine de concurrents.

Les conditions se sont légèrement corsées dans le golfe de Gascogne où souffle désormais un vent de nord de 15 à 20 nœuds. A la houle résiduelle qui pousse les tableaux arrières, s’oppose maintenant un petit clapot coiffé de crêtes blanches. L’humidité est permanente et la visibilité toujours réduite à moins d’un mille. Elle est cependant suffisante pour que les hommes de tête qui naviguent au contact depuis ce matin puissent continuer à se toiser. Jérémie Beyou (Bernard Paoli), qui était parti en dernière position à La Corogne a réalisé une superbe opération en se décalant au large, au dessus de la route. Au dernier pointage, c’est donc lui qui ouvre la voie devant Charles Caudrelier Benac (Bostik) et Gérald Veniard (Macif). Mais derrière, ils sont encore dix à se tenir en l’espace de deux milles avec Gildas Mahé (Banque Populaire), Armel Le Cléac’h (Brit Air), Michel Desjoyeaux (Foncia), Nicolas Lunven (CGPI), Laurent Pellecuer (Arnolfini.fr), Frédéric Duthil (Bbox Bouygues Telecom) ou encore Laurent Gouezigoux (Trier c’est préserver).
Ce gros peloton est éparpillé en latitude au dessus de la route et pour l’heure, on n’entrevoit aucune échappée à l’horizon. Il faut donc s’attendre à un passage groupé à SN1 (Grand Prix GMF Assistance) jeudi après midi car les conditions météo parfaitement stables (si ce n’est quelques petites oscillations du vent) n’autorisent aucune stratégie à court ou moyen terme.

Les efforts à bord des monotypes sont concentrés sur un seul objectif : vitesse. Si ce n’est pas l’autoroute du golfe, ça y ressemble donc ! A ceci près qu’à bord des Figaro Bénéteau 2, impossible de se reposer sur le régulateur de vitesse. Depuis ce matin, les speedomètres sont certes tous calés autour de 7,5 nœuds, mais pas question de faire chuter les moyennes ! Il faut donc « être dessus » comme disent les navigateurs. Etre dessus, c’est avoir matossé au vent tout le matériel embarqué jusqu’à la moindre petite cuillère. Etre dessus, c’est barrer et adapter les réglages, réagir aux caprices de la girouette pour gagner de dérisoires longueurs qui se transformeront en précieuses minutes à Saint Gilles Croix de Vie. Etre dessus, c’est parfois être dessous, la tête dans l’eau, pour s’assurer de l’absence d’algues, de filets, de sacs plastiques ou autres traînards indésirables. Voilà le programme pour les plus motivés ou les plus en forme. Quant aux plus fatalistes, ceux qui estiment qu’il sera difficile de revenir sur la tête de course, ils peuvent, à ces allures régulières, brancher le pilote automatique et se laisser bercer par la houle avant de sombrer dans les bras de Morphée.

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