ROUEN: Salles obscures à saisir !

Publié le par actu

Qui veut de sept salles en plein centre-ville ?
Pas mal de monde a priori...

CINEMA. La municipalité, propriétaire des salles Gaumont République, lancera un appel d'offres à la rentrée pour trouver un exploitant. Les candidats fourbissent leurs armes.

 

La municipalité vient d'acquérir le cinéma Gaumont de la rue de la République. Et l'univers cinématographique rouennais, haut-normand et même au-delà entre en ébullition.
A la rentrée, la Ville, qui ne compte pas gérer elle-même les salles, lancera un appel d'offres en vue de les confier à un exploitant privé, pour une programmation estampillée « art et essai ». Les candidats, à coup sûr nombreux pour une affaire a priori juteuse en plein centre-ville, affûtent leurs projets. Retour sur une négociation compliquée et projection sur une bataille qui s'annonce féroce.

2,5 millions d'euros
Que ce fût long et mystérieux. En janvier, lors de ses vœux à la presse, Valérie Fourneyron annonce que la Ville va acquérir le cinéma Gaumont République en vue de « sauvegarder le cinéma art et essai en centre-ville ». En effet, avec l'ouverture des Docks 76 et de ses 14 salles Pathé, le groupe Europalaces (qui détient Pathé et Gaumont) n'a pas l'intention de conserver ses cinémas de la rue de la République. Seulement, le maire a été un peu vite en besogne : les négociations achoppent sur le prix de vente. Europalaces veut plus que les 1,9 million d'euros proposés par la Ville, et va l'obtenir. Finalement, l'affaire se conclut début juillet pour 2,5 millions d'euros, au terme d'une transaction où les deux parties n'ont cessé d'avancer masquées.

Sortez les couteaux !
Sept salles en plein centre-ville, même avec d'indispensables et coûteux travaux de rénovation à entreprendre, voilà de quoi faire saliver tous les professionnels du secteur. « Les candidats vont se bousculer, prédit Richard Patry, qui sera lui-même sur les rangs. Des délégations de service public de ce type, dans une ville de la taille de
Rouen, il y en a sept ou huit. » Son projet, le patron de Noe Cinéma (propriétaire, entre autres, du Mercure à Elbeuf) préfère pour l'instant le garder pour lui : « Je ne veux pas donner des pistes de travail à mes concurrents. Et puis le contenu de l'appel d'offres, le cahier des charges ne sont pas connus. La Ville voudra-t-elle pouvoir utiliser les salles pour des congrès ? Ça change le type de réponse. Mais nous travaillons sur le dossier depuis longtemps, nous essayerons d'être les mieux-disants. Mais ça va être très, très difficile. »
Plus loquace, Camille Jouhair fait le choix inverse : annoncer clairement la couleur de son projet. « Trois millions d'euros, des banques qui me suivent, et une grosse machine art et essai », avance le distributeur de films et directeur du festival Regards sur le cinéma du monde.
Enfin, Jean-Michel Mongredien, patron du cinéma Le Melville à
Rouen, pourtant annoncé partant, souffle désormais le chaud et le froid : « Candidat ? Je ne sais pas. Plein d'hypothèses existent. » Les choses seront plus claires à la rentrée.

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