Bernadette Chirac au chevet des ados A ROUEN

Publié le par actu

En 2005 déjà, Bernadette Chirac était venue à Rouen poser la première pierre (photo Christian Cariat)

Pièces jaunes : une nouvelle Maison de soins inaugurée hier à Rouen par Bernadette Chirac, Lorie et Estelle Lefébure.

L'ex-première dame de France, présidente de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France, visite aujourd'hui au CHU de Rouen la toute nouvelle Maison des adolescents, financée pour moitié (250 000 euros) par les désormais célèbres « Pièces jaunes ».
Une structure très attendue : elle va permettre une orientation précise en fonction de troubles spécifiques et une prise en charge plurisdisciplinaire des jeunes en grande détresse psychologique. Avant son passage au CHU, Bernadette Chirac explique son action et ses projets pour le soutien et le bien-être des malades.


C'était cette année la 20e édition des Pièces Jaunes, vous avez réalisé 6 000 projets. Comment tout cela a-t-il démarré ?
B. C. : « Nous sommes à plus de 6 500 réalisations. Tout a commencé avec le Pr Claude Griscelli, un très grand médecin et chercheur de l'hôpital Necker-enfants malades. C'est lui qui a créé les Pièces Jaunes en 1990. Il a eu cette idée en s'inspirant d'une action au Canada. Cet homme extrêmement chaleureux, au contact humain exceptionnel, a lancé cette opération qui très vite a pris de l'ampleur. J'ai commencé à travailler en 1993 pour la Fondation comme bénévole, ce que je suis toujours. Je suis devenue présidente en 1994. »
 

Etes-vous surprise par l'engouement et la générosité que cela suscite ?
« Je sais que les Français sont généreux. Quelle famille n'a pas été concernée par l'hospitalisation d'un enfant ? Cela touche presque tout le monde. Le Pr Griscelli savait ce qu'il manquait dans les services pour améliorer l'accueil des enfants malades. Les grands objectifs de la Fondation sont notamment le rapprochement des familles avec la création de 37 maisons des parents et de 800 chambres mère-enfant. Dans la rue, c'est la première chose dont on me parle. Je tenais à impliquer la Fondation dans la lutte contre la douleur pour les enfants. Avec Bernard Kouchner, nous avons financé plus de mille pompes anti-douleur à l'hôpital. »
 

Comment choisissez-vous parmi les multiples projets que les hôpitaux vous soumettent ?
« Notre système est très démocratique. Le comité d'orientation scientifique se réunit régulièrement et retient les projets qui pourront être réalisés sur l'année en cours. La majorité du COS est constitué de médecins, d'enseignants, d'infirmières. C'est eux qui décident de la faisabilité de tel ou tel projet. En tant que présidente, je ne participe pas à ces réunions. »
 

Les Maisons des adolescents sont un axe majeur de votre action…
« Nous en avons financé 35 dans 18 régions. Il y a eu d'abord la maison de Solenn à Paris inaugurée à Cochin en 2004. Depuis longtemps, je souhaitais initier des Maisons pour accueillir ces adolescents en souffrance. J'ai aussi été confrontée à la maladie en tant que parent. Aujourd'hui, même dans les milieux ruraux, dont je suis une élue, les adolescents ne sont pas épargnés par les suicides ou les dépressions. Priscille Gerardin (pédopsychiatre en charge de la Maison des adolescents du CHU de Rouen) a sollicité la Fondation pour la construction de cette Maison des adolescents, où je suis déjà venue pour la pause de la première pierre. »
 

N'avez-vous pas parfois l'impression de pallier des carences de l'Etat ?
« L'Etat ne peut pas tout prendre en charge. Les équipes soignantes font un travail remarquable, les équipements hospitaliers comme l'imagerie médicale, les blocs opératoires coûtent cher. Une fondation comme la nôtre est là pour améliorer le quotidien et aider les familles à affronter l'hospitalisation de leurs enfants. En ce qui concerne la prise en charge des adolescents, il n'existait pas de structure proprement dite il y a une dizaine d'années. Nous avons initié ces Maisons pour les adolescents avec un accueil spécifique. Nous avons signé une convention avec l'Etat, et nous sommes devenus un partenaire privilégié dans ce domaine. »
 

Quelles sont vos priorités à l'avenir ?
« Nous avons beaucoup de demandes pour l'équipement des salles d'études à l'hôpital en visioconférence. Nous souhaiterions aussi la mise en place d'équipes ambulantes pour les adolescents dans les campagnes. »

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